08 Mai Rouen la tête basse
Les Huskies ont été impuissants face aux Pirates, et se retrouvent dos au mur dans un quitte ou double demain face à Toulouse.
Le Challenge n’est pas une compétition comme les autres, encore moins avec son format en 7 manches, mais c’est aussi pour cela qu’on l’aime.
Ainsi, pas mal de supporters rouennais devaient se dire, en voyant l’affrontement des lanceurs partants, que l’affaire était bien engagée pour leur équipe favorite. Bellina contre Guyonneau, sur le papier, entre un lanceur américain expérimenté, invaincu cette saison, et un tout jeune homme qui n’avait que 10,1 IP en D1, avec une ERA de 5,91, les rouennais semblaient avoir l’avantage. Une heure cinquante plus tard, les Huskies repartaient la tête basse et Béziers pouvait célébrer sa première victoire à son premier match dans la compétition.
Pour Rouen, ce match a résumé les difficultés de la saison. Dont l’incapacité à produire dans les moments importants, comme cette deuxième manche où Béziers donnait un BB, un hit by pitch et commettait une erreur : normalement, on marque dans ces cas-là. Mais pas en se faisant retirer deux fois sur les sentiers, autant d’erreurs mentales. Et la troisième, ce fut le scénario classique buts remplis / deux retraits, sans que les Huskies ne parviennent à conclure, alors que Louis Brainville s’élance sur le 1er pitch pour un roulant en 3è base. La 1ère manche a aussi été celle des occasions manquées, coureuses en 1 et 3, deux retraits, et rien ne vient.
Ce qui a changé, c’est que la défense, jusque-là très solide, craquait deux fois, en 2è et 5è, et qu’à chaque fois, Béziers en profitait. Une équipe qui saisit sa chance et l’autre qui la laisse passer, il ne faut pas chercher plus loin la conclusion du match.
Il faut aussi souligner que Timothy Guyonneau, qui a fêté ses 17 ans le mois dernier, s’est amusé avec l’attaque rouennais. Ainsi, dans les cruciales 4è et 5è mache, il a retiré 6 frappeurs de suite avec seulement 16 lancers. Il a notamment fait frapper beaucoup de roulants, et sa défense l’a soutenu. Et son dernier retrait fut comme un symbole, un strike-out sur Joris Bert. Cette jeunesse ne respecte rien ! La jeunesse, c’est aussi Matteo Sohy, 17 ans et demi, qui frappe le roulant amenant le 1er point, tandis que les gros canons, dont l’intenable Meza (encore 2 hits) font le travail.
Voilà donc Rouen en position délicate. On va convoquer l’histoire pour le confirmer. Les Huskies n’ont perdu qu’à trois reprises le premier match du Challenge. Et ils ont été éliminés deux fois au premier tour (2016, 2024). Bon, ils sont allés aussi une fois en finale, en 2023, mais ils ne l’ont jamais gagné. Mais pour essayer de rentrer dans l’histoire et de faire ce que les prédécesseurs n’ont pas fait, il faut commencer par battre Toulouse, diminué par les absences de Rojas et A.Soriano, et qui a totalement coulé en 4è manche (8 buts-sur-balles, 9 points) devant Metz (0-16 au final). Là aussi, à signaler la performance d’un jeune homme, Hugo Py, 16 ans et demi, qui a lancé 5 manches avec seulement 2 hits.
Dans l’autre poule, Savigny a fait craquer Lopez et Martinez et corrigé Sénart 13-0 et Montpellier a usé petit à petit Nieves pour s’imposer 3-1. Voilà qui va donner un affrontement décisif entre Boucaniers et Templiers, et voir un des leaders du début de saison prendre la porte.
Au jeu des rotations, cinq équipes ont sorti un starteut (et parfois un releveur) étranger, Rouen (Bellina), Montpellier (Vera /Quinonez), La Rochelle (Nieves / Canelon), Savigny (Pena), Sénart (Lopez / Martinez) et devront donc se tourner vers leur réservoir JFL. Est-ce à dire que Laval Quesney, Polit, C.Esteban, Coste et Brelle seront sur le pont ? C’est assez probable.
Le match Metz – Béziers va surement un affrontement Paredes – Gonzalez. Et Toulouse pourra sans doute réutiliser Laot, sorti prématurément après un problème de nombre de visites au monticule. En tout cas, quel que soit le lanceur qu’ils vont devoir affronter, les Huskies vont devoir remettre leur baseball dans le bon sens. La qualification ira se chercher à la bagarre, en donnant tout sur chaque at-bat, sur chaque jeu, sur chaque action. En passant en mode compétition. C’est dans ces moments qu’une équipe se révèle.