27 Fév «Avoir envie de venir à Rouen»
Pas de saison morte pour la cellule recrutement des Huskies. L’hiver est une période très active. Xavier Rolland délaisse un instant ses mails, ses appels et ses négociations pour lever un voile sur sa façon de trouver des perles rares à travers le monde. « On veut des joueurs qui ont vraiment envie de venir à Rouen ». Entretien réalisé par François Colombier.
Xavier, ça commence quand le recrutement ?
Quasiment le lendemain de la finale. Parfois même avant. On peut discuter avec des joueurs pendant le championnat. Ça n’a pas pu se faire, mais on continue à discuter pour la saison suivante. Il faut toutefois bien cerner son effectif avant de dresser profil de nos recrues… Qui reste, qui part… Il ne faut pas aller trop vite parfois, car nos objectifs de recrutement peuvent évoluer durant l’hiver.
C’est un travail en commun avec le manager, c’est lui qui fixe les priorités ?
Oui j’ai toujours fonctionné ainsi. Avec Robin Roy, Christian Chénard, François Colombier, Keino Perez, Boris Marche. C’est simple, le manager fixe ses besoins et nous on bosse pour lui fournir ses souhaits.
Qui donne le dernier feu vert pour faire venir un joueur ?
On échange énormément avec le manager. On ne se précipite pas. Une bonne recrue doit répondre à un certain nombre de critères. C’est une réflexion collective, mais c’est le manager qui donne le go. J’ai parfois argumenté pour défendre un candidat, mais je n’ai jamais imposé un joueur.
C’est surement ainsi un travail avec le président, le trésorier : il faut rentrer dans un budget, et ce n’est sans doute pas le plus facile ?
Bien sûr, on a une enveloppe. On doit être dans les clous. Parfois, on rate un super joueur pour une question de moyens, c’est frustrant sur le coup, mais on ne fait pas n’importe quoi.
On va détailler un peu le processus : d’abord, évidemment, tu commences par prendre des infos sur les joueurs. Tu as des sources que tu privilégies pour ça ?
Oui on a plusieurs sources. Des sites internet comme joboverseas que tout le monde connait, des contacts d’agents, de coachs et des candidatures spontanées. Je regarde aussi les ligues indépendantes et il m’arrive de contacter directement des joueurs qui me plaisent. Et on épluche leur CV, leur parcours, leurs stats, on cherche des infos sur leur caractère… C’est beaucoup de boulot, mais c’est assez passionnant de chercher l’oiseau rare, de discuter avec tous ces joueurs à travers le monde.
Ensuite, la prise de contact : quel est ton discours pour présenter le club et donner envie de venir au joueur ?
On a un dossier de présentation du club, de son histoire, de son palmarès… qui présente aussi la ville de Rouen. Après, j’aime connaitre leurs motivations. En fonction de l’âge, du parcours pro, de la nationalité, les motivations sont en effet différentes. Gagner de l’argent pour certains, découvrir l’Europe et la France pour d’autres, pour continuer à jouer à un bon niveau tout en voyageant… Et j’argumente en fonction. Je n’hésite pas à les mettre en relation avec des anciens. Je sais qu’ils auront un bon retour.
Tu sens quand un jour est vraiment motivé pour venir ? Comment ?
Oui, j’aime par exemple sa réactivité quand je lui laisse des messages, s’il répond tout de suite, s’il pose beaucoup de questions, s’il se renseigne sur le club. Quand j’ai contacté Chikara Igami l’hiver dernier à Osaka, il m’a répondu immédiatement, connaissait très bien le club qu’il suivait depuis plusieurs années… Avec Austin Roccaforte, qui jouera cette saison chez nous, on discutait depuis la saison dernière et il voulait vraiment venir, était en contact régulier avec Quentin Becquey… Il a suivi la saison sur la Huskies TV. Ce sont des signes qu’on apprécie. En revanche, s’il gagne du temps, pose une question tous les trois jours, je sais que c’est parce qu’il a plusieurs offres et qu’il réfléchit. Si ça dure trop longtemps, on élimine. On veut des joueurs qui ont vraiment envie de venir à Rouen. On veut être leur premier choix. Avec des joueurs pros, on essaie de s’assurer qu’ils ne repartiront pas si un club de la Frontier league les appelle en cours de saison par exemple.
Qu’est-ce que tu recherches dans un joueur, quand tu échanges avec lui ? En d’autres termes, qu’est-ce qu’un joueur étranger doit apporter au club ?
Il doit évidemment apporter un plus sportivement. Il doit être au-dessus du lot. Mais on attend de lui aussi de l’exemplarité. Il doit être un modèle pour nos jeunes, dans son approche des matchs, dans sa préparation, dans sa gestion des temps faibles sur le banc, lors des moments de tensions dans un match… Comment il appréhende ces moments, comment il les gère. On attend plus que des hits. Son intégration est capitale, car il doit avoir envie de partager son expérience. On cherche des garçons qui aiment transmettre, qui sont « collectifs ».
Est-ce que tu pourrais refuser un joueur vraiment talentueux, mais avec qui tu sens que le courant ne passe pas ?
Oui, évidemment, en partie pour les raisons que je viens d’expliquer. Ça arrive souvent. On a recalé de bons joueurs, car on avait de vrais doutes sur leur capacité à s’intégrer, à avoir le profil idéal en fonction du groupe. Ou parce que nos contacts nous ont alertés sur leur attitude… C’est la partie le plus délicate, plus compliquée que de lire des stats.
Et puis les négociations. Alors on ne va pas tout dévoiler, mais il y a forcement des discussions sur les conditions du séjour, est-ce que c’est un moment un peu compliqué ?
Non, en fait c’est très simple, on fait notre offre, très précise. C’est accepté ou pas. Je commence d’ailleurs toujours par notre offre, car ce n’est pas la peine de perdre du temps si ça ne colle pas. Si on discute de sa venue, c’est que le joueur est d’accord avec notre proposition. Le joueur à toutes les cartes en main pour se positionner.
DANS LES ANNÉES 90, J’ALLAIS RÉGULIÈREMENT À L’AMBASSADE DU CANADA À PARIS LIRE LA PRESSE SPORTIVE, JE PRENAIS DES NOTES ET L’ÉTÉ JE PARTAIS LÀ-BAS RENCONTRER DES JOUEURS, DES COACHS. DÉSORMAIS ON DISCUTE EN DIRECT SUR INTERNET, ON PEUT LES VOIR JOUER EN LIVE. RIEN À VOIR.
Est-ce que tu fais face à une forte concurrence, en France, mais aussi avec les autres grandes nations européennes du baseball, pour attirer des bons profils ?
Bien sûr la concurrence est de plus en plus rude. Nous sommes souvent sur les mêmes joueurs avec les grands clubs allemands et tchèques. Et là, on ne peut plus lutter financièrement. Mais on essaie de jouer sur d’autres leviers, sur les atouts de la France, la qualité de vie, l’hébergement, la beauté des Françaises (rires)… Les Allemands et les Tchèques, ce sont vraiment eux notre concurrence, car les Italiens, les Espagnols et les Hollandais ont d’autres filières. En France, on est quand même en position de force, le club a bonne réputation, nos installations, notre palmarès sont des atouts indéniables. D’ailleurs, en 25 ans, il n’est jamais arrivé qu’un joueur que nous avions pisté ait finalement signé dans un autre club français. Jamais.
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Chris Mezger (2m07) et Xavier Rolland
Le recrutement a forcément évolué au fil des années : avec internet, les réseaux sociaux, est-ce que c’est un peu plus facile aujourd’hui ?
Oui , beaucoup plus (sourire). Au début du club, dans les années 90, j’allais régulièrement à l’ambassade du Canada à Paris lire la presse, je prenais des notes sur des joueurs en lisant les comptes rendus de matchs. Je dressais une liste et l’été, je partais là-bas voir des matchs et rencontrer des joueurs, des coachs… Désormais, on discute en direct avec des joueurs partout sur la planète, on a leurs stats, on peut les voir jouer en live… Rien à voir.
On sait que le club a des liens étroits avec les Capitales de Québec. Est-ce que cette relation joue un rôle dans le recrutement ?
Bien sûr. Jean-Christophe Masson qui jouait chez nous l’an passé en est un exemple. Ce sont les Capitales, Patrick Scalabrini et Christian Chénard, qui m’ont contacté pour me conseiller JC. J’échange d’ailleurs régulièrement avec Patrick pour lui demander son avis, pour avoir des renseignements. Son aide m’est très précieuse. L’une des grandes difficultés quand on recrute, c’est 1. D’avoir des garanties sur l’état de forme du joueur qu’il ne nous cache pas une blessure. 2. Sa mentalité. Savoir s’il va s’adapter, s’il est fait pour l’équipe. Patrick et Christian nous connaissent bien, savent quels types de joueurs nous cherchons et ils ont de nombreux contacts.
On n’est jamais certain de ne pas se tromper. Il y a forcément une petite angoisse quand le joueur débarque en France. C’est stressant d’attendre le premier match ?
C’est une responsabilité de choisir, oui. Disons que les premiers entrainements donnent rapidement des certitudes. On ne s’est finalement jamais trompé sur les joueurs de position. Pour les lanceurs, c’est plus délicat, il y a plus de suspens (rires). Comment est son bras, est-il en forme, pas eu de blessure cachée… le lanceur, c’est le recrutement le plus compliqué. Par exemple, j’étais très heureux d’avoir recruté Todd Van Steensel, notre lanceur australien en 2022. Un de nos plus gros coups. Pourtant, son début de saison a été catastrophique. On parlait même d’accident industriel. J’étais crispé, car j’étais responsable de sa venue et je connais son talent. C’était incroyable de le voir se faire autant cogner. Et puis il est monté en puissance et a fumé tout le monde en fin de saison, quand ça comptait. J’étais soulagé (rires)…
Le recrutement, ce n’est pas tout : l’intégration est importante aussi. Les Huskies sont-ils attentifs à cela ?
Oui, c’est capital. On fait le maximum pour qu’ils soient bien installés, on fait une soirée avec l’équipe pour les accueillir, on essaie d’être un maximum dispo…
Il y a eu plusieurs périodes dans le recrutement des Huskies. Il a été très québécois pendant de nombreuses années, un peu américain parfois, il y a eu un virage « latino » sous Keino Perez, avant de se diriger vers des profils de nouveau nord-américains. On sent qu’il faut que les joueurs étrangers soient de la même culture pour faciliter leur intégration. C’est ce que tu recherches aussi ?
Oui, tu as bien résumé. Keino aimait faire venir des compatriotes, des Vénézuéliens. Quentin a vécu aux USA et privilégie des nord-américains, mais aussi des joueurs un peu plus jeunes pour être plus proche de notre groupe actuel, à la moyenne d’âge assez basse. Moi, je m’adapte en fonction des profils ciblés.
Est-ce qu’il y a eu des « coups » dont tu es particulièrement fier / satisfait ?
Bien sûr. Première catégorie, les recrues qui sont entrées dans l’Histoire du club, par leurs qualités, la durée de leur séjour et leur impact sur la transformation et les succès du club. Robin Roy en premier. En 1989, je suis allé au Canada. J’avais rendez-vous avec le DTN de baseball Canada. J’avais repéré deux lanceurs, Pascal Raymond et Robin Roy. Il m’avait dit : « impossible, ils sont sur les listes olympiques. Ils ne viendront pas en France ». Robin est resté au club jusqu’en 2011. C’est la plus belle recrue dans l’Histoire des Huskies. Le deuxième c’est Christian Chenard1. Il est arrivé en 2003, il venait des Capitales de Québec. Il a passé deux saisons à la tête de l’équipe et nous a mis sur orbite avec le premier titre de champion de France. Le troisième, c’est Keino Perez. Mais là, c’est Robin Roy qui nous l’a trouvé. Robin était allé jouer un tournoi avec une équipe espagnole et l’avait repéré. Une recrue qui a fait notre bonheur durant 15 ans. On peut aussi ajouter Owen Ozanich, que j’ai fait venir en 2011. Il a été un artisan important de nos succès en France et en Europe jusqu’en 2017.
Dans la deuxième catégorie, je vais mettre des joueurs qui ont eu un impact important dans l’équipe. J’avais très vite défendu la venue de Blake Denischuk2 en 2006. Il y a eu Dany Scalabrini3 en 2008, Hornostaj4 en 2010… De gros joueurs pros. De la même façon, je me suis battu pour faire venir Jeff McKenzie5 en 2015. Je lui écrivais presque tous les jours pour lui montrer notre volonté de l’avoir. Il avait de plus belles offres en Allemagne, mais m’avait dit que notre désir de le recruter l’avait touché et cela avait fait basculer son choix en notre faveur. Je pense aussi à Chris Mezger6 en 2012. Pour lui aussi, j’avais mouillé la chemise. Je suis aussi satisfait du recrutement de la saison dernière avec Smith, Defries, Masson, Igami et Vincent. L’année précédente, on avait eu des déceptions, j’étais un peu vexé et on a travaillé fort avec Sylvain Virey durant l’hiver pour frapper fort. Et on a réussi.
DES JOUEURS QUI N’ONT PAS RÉPONDU AUX ATTENTES, ON EN A EU AUSSI, MAIS FINALEMENT PAS TANT QUE CA. 5/6 EN 25 ANS PEUT-ÊTRE…
Et est-ce qu’à contrario, il y a un ou deux ratés qui te restent un peu sur le cœur ? Que ce soit des joueurs qui n’ont pas répondu aux attentes ou d’autres qui ne sont pas venus, mais que tu aurais bien aimé avoir
J’aurais aimé faire venir Leon Boyd. Un lanceur canadien. En 2006, il voulait vraiment venir. On était tôt dans l’hiver et on lui a demandé un délai. Il a attendu, a été patient, mais il était trop tôt pour nous engager. Il a signé en Belgique, a rejoint les Pays-Bas ensuite et a resigné en AA pour les Blue Jays. En même temps, cela ne nous a pas empêchés d’être champions sans lui en 2006. Et puis, cette année-là, on avait recruté Keino Perez. L’une des meilleures recrues dans l’Histoire du club non ? Des joueurs qui n’ont pas répondu aux attentes, on en a eu aussi, mais finalement pas tant que cela. 5/6 en 25 ans peut-être…Disons que le cru 2023 restera comme une année à ne pas renouveler. On pensait avoir bien bossé, mais les lanceurs vénézuéliens étaient tous en dessous du niveau attendu…
Les Huskies ont une certaine réputation. Est-ce qu’il arrive que des joueurs te contactent directement ?
Oui, bien sûr. Je reçois beaucoup de CV. Américains, sud-américains. Le club a une bonne réputation. Les joueurs parlent entre eux.
On a beaucoup parlé du recrutement étranger, mais il y a aussi le recrutement en France. C’est assez rare les gros mouvements de joueurs, comme les venues à Rouen de Boris Rothermundt, Gaspard Fessy, Anthony Piquet ou Nicolas Dubaut. Finalement, c’est peut-être plus facile de recruter à l’étranger qu’en France ?
C’est plus compliqué en fait le recrutement français. Un étranger vient pour 6 mois. Un Français, on souhaite travailler un projet pro ou universitaire avec lui sur la durée. On veut travailler sur un projet avec eux. On sait faire.
Les joueurs avec un passeport français, à l’image de la grande réussite que fut la venue d’Ozanich, sont une piste que tu explores aussi ?
Ça l’a été. Avec la règle des JFL, c’est moins intéressant, car ces joueurs sont non JFL et ont finalement le même statut qu’un joueur étranger. Ça ne peut être u atout que pour la Coupe d’Europe. C’est moins intéressant, mais si on a des opportunités, on regarde. On pense aussi à l’équipe de France qui pourrait ainsi se renforcer.
Réussir le recrutement ou réussir la formation, c’est quoi le plus important ?
La formation est au cœur de notre projet. C’est notre priorité. Mais réussir son recrutement est aussi impératif. Les deux se complètent. Nos jeunes apprennent beaucoup de nos étrangers, qui ont un background important. Ils ont besoin de modèles. Ils les observent. Comment gèrent-ils les moments de tension, qu’elle est leur approche des matchs, des finales… Nos étrangers doivent aider à faire progresser nos jeunes.
LES JOUEURS ÉTRANGERS À ROUEN DEPUIS 2002
2002 : Chénard, Plante
2003 : Chénard, Matte, Tremblay
2004 : Chénard, Deslandes
2005 : K.Perez, Denischuk
2006 : K.Perez, Donald, Fukuroku
2007 : K.Perez, Scalabrini, Mejholm
2008 : K.Perez, R.Perez, Scalabrini
2009 : K.Perez, Scalabrini
2010 : K.Perez, Hornostaj, Terrana puis Musgrove
2011 : K.Perez, Crystal, Washington puis Thomas
2012 : K.Perez, Paquette, Mezger
2013 : K.Perez, Smith, Rodriguez
2014 : Daniels, Morillo, Ramirez
2015 : Lusson, Infante, McKenzie
2016 : Infante, Medeiros, Ossandon, Jaspe, Taylor puis Cornell
2017 : Jaspe, Infante, Granados
2018 : Velazco, Mendez, Carias, Villegas
2019 : Sosa, Soriano, Izturriaga, Camacho
2021 : Biller, Bracamonte, Camacho
2022 : Hernandez, Gomez, Carvallo puis Van Steensel
2023 : Hernandez, Leal, Alastre, Martina, Ysla puis McKinnon
2024 : Smith, Defries, Masson.
2005 : Roccaforte, McKenzie.
1. Christian Chénard a joué aux Husies deux saisons, en 2003 et 2004. Il a une moyenne de points mérités de 1,73 et 177 K en 151 IP. Il a été le lanceur gagnant du premier match de la première finale (et du premier titre…) des Huskies en 2003. Il est aujourd’hui instructeur des lanceurs aux Capitales de Québec.
2. Blake Denischuk, ancien joueur de l’université d’Arkansas, des Calgary outlaws et des Gateway Grizzlies en Frontier league, a frappé pour .420 avec 12 HR et 52 RBI en 2005. Il a été élu MVP de la finale.
3. En trois saisons avec les Huskies, Dany Scalabrini a frappé pour .371. IL a été élu meilleur frappeur de la Coupe d’Europe 2007, avec notamment une performance de 4 en 4 dans la demi-finale victorieuse des Huskies contre Rimini.
4. Après avoir joué au niveau AAA pour les San-Fransisco Giants, Aaron Hornostaj a frappé pour .425 avec 40 RBI en une saison avec les Huskies (9 doubles, 2 triples, 6 circuits).
5. Jeff McKenzie a eu une fiche (championnat + challenge) de 13-1, ERA 0,54, 136 K et 12 BB en 103,1 IP. Il n’a perdu son premier (et seul) match de la saison qu’à l’occasion du 1er match de la finale, à Montpellier.*
6. Chris Mezger a terminé la saison invaincu : 17-0, 0,76 ERA. Il a conduit les Huskies au final four européen en battant Neptunus Rotterdam (7,2 IP, 1 ER, 9K).