19 Mar Les huit équipes au crible
Il s’est passé beaucoup de choses cet hiver. Des transferts entre clubs français, des forts contingents de joueurs étrangers posant le pied en France. Petit tour d’horizon des forces en présence à quelques jours du « play ball ».
Pirates de Béziers
5 dernières saisons : 2019 (D2) 3ème, 20W-10L ; 2021 (D2) 1er, 14-5 ; 2022 (D2) 4ème, 12-10 ; 2023 (D2) 1er, 21-6 ; 2024 (D2) 1er 21-5
Pour leur toute première saison au plus haut niveau du baseball français, les Pirates ont mis les petits plats dans les grands, avec un recrutement étranger extrêmement étoffé. Trois lanceurs, un catcher, un arrêt-court, un champ centre, les positions clés ont été sérieusement renforcées. Le puissant catcher Roger Torres et le solide lanceur Luis Gonzalez seront les fers de lance d’un groupe qui pourra s’appuyer aussi sur l’expérience de Daniel Pilar, qui a martyrisé le pitching de D2 (.420 de moyenne) depuis 3 saisons. Béziers s’appuie aussi sur quelques très beaux jeunes talents, mais on peut craindre des difficultés au monticule pour les très jeunes JFL face aux gros line-ups de D1. Mas les Pirates ont les moyens d’éviter un aller-retour rapide entre la D1 et la D2.
Boucaniers de La Rochelle
5 dernières saisons : 2019 : 6ème, 12W-20L ; 2021 : 6ème, 12W-15L ; 2022 : 4ème, 12W-7L ; 2023 : 7ème, 16W-14L ; 2024 : 6ème, 13W-15L.
Les Boucaniers doivent réussir à franchir un niveau cette saison. Une seule place de demi-finaliste depuis leur arrivée en D1, ce n’est pas suffisant, même si cela démontre aussi que se faire une place au soleil face aux cadors du championnat n’est pas chose facile. Le recrutement étranger avait été un peu décevant la saison dernière. Si on en croit les rosters affichés sur le site de la fédération, les Boucaniers ont fait le ménage, en conservant le solide frappeur canadien Kian Johnston et en allant chercher quelques bâtons au Venezuela et au Japon. Mais le gros coup, c’est l’arrivée de Kevin Canelon, l’as des Barracudas. Ses chiffres parlent pour lui : 44-10, ERA 1,24, BAA .193, il a dominé depuis cinq saisons dans le Sud. Toutefois, il a semblé moins performant la saison dernière, moins de K, plus de coups-sûrs contre lui. Le changement d’air lui sera peut-être profitable. Avec De La Rosa, qui a connu sa meilleure année en carrière et C.Esteban, qui devra réussir à dupliquer ses performances de débuts de saison, le bullpen des Boucaniers a de l’allure. Avec les progrès des très prometteurs Pierre et Briones et la présence toujours solide de M.Esteban et D.Rosell, La Rochelle peut viser haut cette saison.
Cometz de Metz
5 dernières saisons : 2019 : 7ème, 21W-11L ; 2021 : 8ème, 7-16 ; 2022 : 6ème, 7-14 ; 2023 : 8ème, 8-24 ; 2024 : 5ème, 14-14.
Metz a connu sa meilleure saison en D1, avec une place en finale du Challenge de France et une qualification en play-offs qui lui a échappé en raison d’une mauvaise lecture de la réglementation JFL et une défaite sur tapis-vert qui a fait très mal. Cet hiver, les Cometz ont dit au-revoir à leur coach Shane Priest et ont confié les rênes de leur attelage à Yeixon Ruiz. Ruiz, un des meilleurs frappeurs du championnat depuis plusieurs saisons, se retrouve avec la double casquette de joueur et entraîneur, ce qui n’est pas toujours facile à porter. Metz a aussi perdu à l’intersaison José Paula, qui avait été très utile à la frappe et au monticule, et cette perte peut faire mal. Les Cometz sont allés se renforcer au Venezuela, au champ extérieur et au monticule, avec Estefano Paredes, qui présente des références intéressantes dans le championnat italien, avec toutefois le bémol que le niveau y est très dilué depuis que la Série A est passée à 32 clubs. Derrière le marbre, on va retrouver le solide Mateo. Metz aura besoin d’une meilleure production de son bas de line-up, et espérer que Mathéo Launay continuera sur la lancée d’une fin de saison 2024 remarquable. Mais on reste un peu inquiet sur la capacité des lorrains à renouveler le même genre de saison qu’en 2024.
Barracudas de Montpellier
5 dernières saisons : 2019 : 3ème, 23W-9L ; 2021 : 3ème, 18W-6L ; 2022 : 3ème, 12-7 ; 2023 : 1er, 25-8 ; 2024 : 3ème, 16-16.
Changement à la barre des Barracudas. Owen Ozanich, qui avait conduit avec Giovanni Ouin l’équipe au titre de champion de France en 2023 et au succès dans le Challenge de France 2024 laisse sa place de manager à un homme au CV impressionnant, le canadien Tim Smith, qui tentera de faire revivre l’héritage de Greg Hamilton, dont on ne parle jamais sans de l’émotion plein la voix du côté de Veyrassi. Mais ce n’est pas tout. Les Barracudas sont allés chercher le meilleur (ou le 2ème meilleur, avec son ex-coéquipier Jalen Smith) joueur de la saison dernière, Jake Defries. Enlever au champion de France son arrêt-court et son 1er frappeur, c’est un très joli coup, et un upgrade évident par rapport au duo Spring – Bustamante. Montpellier a aussi rapatrié Dorian Bouniol et Pierre Doat, et a rappelé plusieurs vieux guerriers (Andrades, Pitcher, Langloys). Avec un solide lanceur, Anderson Vera, vu au PUC en 2023, avec quelques autres bâtons américains, avec le fonds de jeu apporté par Kovacs, Pontiac, Zan, Monks (quand ils seront là), avec tous les espoirs du monde dans le bras gauche de Ben Couvreur, Montpellier se pose d’entrée de jeu comme un des grands favoris de la saison.
Huskies de Rouen
5 dernières saisons : 2019 : 1er, 29W-7L ; 2021 : 1er, 18-7 ; 2022 : 18-5 ; 1er, 18-5 ; 2023 : 6ème, 17-10 ; 2024 : 1er, 27-7
Les Huskies ont une idée en tête. Remarquez, c’est un peu la même chaque saison : tout gagner. Réaliser le triplé Championnat – Challenge – Coupe d’Europe, comme en 2016 et en 2022, plus précisément. Mais avant d’y parvenir, il y a eu beaucoup d’agitation dans l’inter-saison des Huskies. Avec de gros défis à relever. D’abord, remplacer le trio Defries – Smith – Masson. Au vu de leurs parcours précédents, Roccaforte – McKenzie et Flood devraient être en mesure d’y parvenir, même si la barre a été placée très haut. Ce sera sans doute un peu compliqué au monticule, il semble que la paire Igami – Vincent est un petit cran au-dessus de Bellina – Gore, mais on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. La surprise, du côté des Huskies, c’est le retour très important de Bastien Dagneau. Si le slugger retrouve son coup de bâton, après une saison blanche, tout le line-up des Huskies s’en trouvera renforcé. Rouen est aussi allé chercher Kenny Esposito, en qui coach Becquey place beaucoup d’espoirs, et qui devra faire oublier Quentin Moulin (parti à Hambourg) et retrouve avec plaisir Luc Viger, un joueur qu’il est toujours utile d’avoir dans son line-up. D’autant plus que le départ de captain Gleeson laisse un trou béant derrière le marbre. Mais les fondamentaux des Huskies sont toujours là, avec un Prioul dominant au monticule, le savoir-faire des Blondel, Brainville, Harrison, Bert, Toubeaux et une nouvelle génération qui est en train de faire tranquillement sa place parmi ces glorieux ainés. Personne de raisonnable, dans le baseball français, ne peut parier contre Rouen.
Lions de Savigny
5 dernières saisons : 2019 : 4ème, 21W-11L ; 2021 : 4ème, 11-9 ; 2022 : 2ème, 17-6 ; 2023, 5ème , 20-8 ; 2024 : 2ème, 19-16.
Toujours à la recherche du terrain perdu, les Lions ne sont pas non plus dans les gros titres quand on parle de recrutement. Savigny ne fait pas dans le clinquant, mais Savigny est toujours au sommet, parmi les meilleures équipes du championnat. Il y a une vraie culture de la gagne dans cette formation, à qui il ne manque jamais grand-chose pour aller jusqu’au bout. Cette saison encore, alors que d’autres remplissent les avions de joueurs étrangers, les Lions sont juste allés chercher un arrêt-court américain de 31 ans et un tout jeune catcher vénézuélien. Mais ils ont aussi su convaincre le très prometteur Jordan Ouanyou (un des bons coups sur le marché des transactions) et ont confirmé qu’ils donnaient leur chance aux jeunes avec l’arrivée du lanceur Nathan Chevet. Puisqu’on parle de jeunesse, les progrès de Rioux, M.Proust, Neyraud, contribueront aux succès de l’équipe, tout autant que le talent incontestable de Acuna, Coste, Orozco et des frères Amoros. Quelques points d’interrogations à lever : est-ce que Jiminian reviendra du Japon, est-ce que Soliveres sera plus présent que les dernières années, est-ce que Planes retrouvera son niveau de 2022 ? Si « oui » est la triple réponse, Savigny sera très dangereux. Sinon, les Lions seront quand même une équipe très difficile à battre, candidat logique au top-4.
Templiers de Sénart
5 dernières saisons : 2019 : 2ème, 28W-8L ; 2021 : 2ème, 23-6 : 2022 : 7ème, 15-6 ; 2023 : 3ème, 20-9 ; 2024 : 7ème, 13-19.
On aimait bien le virage jeunesse pris par les Templiers l’an passé, l’idée d’une reconstruction basée sur des jeunes talents, qui parvenaient à éviter le piège de la descente en se relevant d’un début de saison difficile et en triomphant en barrages. Mais plusieurs des jeunes espoirs sénartais sont partis, remplacés par une arrivée massive de Cougars : Lopez, Do Carmo, D.Mayeux, Monbeig. La filière japonaise, très active l’an passé, est de nouveau mise à contribution avec l’arrivée d’un nouveau coach, en remplacement de Jamel Boutagra (trois changements d’entraîneur en D1, on se croirait au foot), Hiroki Iijima, qui semble arriver avec un compatriote infielder. Un jeune lanceur vénézuélien a été également été recruté. On ne peut pas nier qu’il y a du talent et de l’expérience chez les Templiers, mais il faut voir si tout ces changements réussiront à bien prendre, et s’il ne manque pas un peu de profondeur offensive et défensive. Sénart peut espérer jouer une place dans le top-4, surtout si Yorfrank Lopez continue à performer comme il l’a fait par le passé.
Stade Toulousain.
5 dernières saisons : 2019 : 8ème, 13-19 ; 2021 : 7ème, 6-13 ; 2022 : 8ème, 3-18 ; 2023 : 4ème, 16-12 ; 2024 : 4ème, 14-17.
C’est compliqué, à Toulouse. Le Stade est la seule équipe à n’avoir effectué aucun recrutement étranger à l’intersaison, si on excepte l’arrivée de Romero, mais il était déjà en France. Les toulousains ont même perdu leur arrêt-court, Perdomo, mais ont fait revenir l’ex-international Luis Delogu. Au total, quel Toulouse va-t-on voir ? Celui du début de saison, qui dominait tout le monde, ou celui de la deuxième moitié, qui s’est effondré petit à petit ? Cela dépendra de la santé de Rojas et de la forme de Garcia- Delgado au monticule, tout autant que des battes de Mendoza et Soriano. Toulouse peut aussi compter sur son remarquable champ extérieur, plein de promesses, sur le talent de Navarro, et sur les progrès de Laot. Mais ce sera sans doute difficile d’aller chercher une troisième demi-finale de suite. Toulouse en tout cas n’oublie pas de construire, puisque l’éclairage va être installé, bravo aux dirigeants, ni de prévoir l’avenir : dans le roster de cette saison, figure le nom de Logan Perez. Le fils de Keino. Ce qui ne nous rajeunit pas, mais qui est très amusant et intéressant à suivre, car il y a beaucoup de baseball qui coule dans les veines de ce jeune homme.