25 Mar 10 jours de bonheur en Floride
Mattéo Manaranche (lanceur, 16 ans) et Ruben Cerda (18 ans, receveur) ont été invités, durant 7 jours, au stage des Canonniers de Québec en Floride, près de Tampa bay. Ils témoignent.
22°Un ciel azur. Un vent léger agite les feuilles des palmiers qui bordent les terrains de Saint-Petersburg, Floride. L’atmosphère est idéale pour jouer au baseball.
Comme chaque matin, Ruben et Matteo ont quitté l’hôtel à 8H30 pour les terrains d’entraînement de l’école de Bo Bichette, l’arrêt court des Blue Jays de Toronto. Au programme: activation musculaire, du volume défensif sur les points à travailler relevés durant les matchs et un batting practice. Maillot bleu ciel des Canonnier sur le dos, les deux jeunes rouennais ont profité d’un volume de jeu inaccoutumé. Entraînements Intensifs et matchs tous les après-midis. «Aucun équivalent en France », reconnaît Ruben.
Ruben et Matteo ont profité d’un programme d’échanges entre Rouen et Québec. Ils étaient tous deux invités à participer au stage du sport-étude de Québec, les Canonniers, en Floride. 70 joueurs réunis lors de ce stage, répartis en quatre équipes, sous la direction de Jean-Philippe Roy (à gauche sur la photo), le patron du sport-étude et d’un certain Jean Christophe Masson (à droite), champion de France avec les Huskies en septembre dernier.
LE PLANNING ? ENTRAINEMENT LE MATIN, MATCHS L’APRÉS MIDI ET DEBRIEFING LE SOIR
Des entraîneurs qui ont apprécié les prestations des jeunes rouennais. « Ruben est un très bon joueur, commente Jean Philippe Roy. C’est un super receveur, il a un très bon élan au bâton. Il aura le calibre pour jouer dans les collèges américains s’il continue à travailler fort et s’il continue à développer son bras. Il a le physique, il a l’élan et il a la défensive qu’il faut pour viser un tel objectif. » Même enthousiasme chez JC Masson pour le jeune receveur rouennais. « Dès le premier batting practice, j’ai été impressionné par l’élan de Ruben. Il est clair qu’il a pris son off-season au sérieux, il a su mettre les efforts aux bons endroits. Il m’a semblé plus fort physiquement, plus athlétique et fluide. Il a été l’un des frappeurs qui se démarquait le plus au sein de mon équipe, avec une approche au bâton mature, calme. Son jeu défensif reste à perfectionner, la position de receveur étant longue à maîtriser.C’est selon moi sa lacune principale pour le moment, mais il est sur la bonne voie. Les autres joueurs et coachs ont eux aussi été impressionnés par son coup de bâton. » Mattéo a évolué en défense mais c’est surtout sur le monticule qu’il a plu aux deux coachs québécois. Jean Phillippe Roy: « Matteo est plus jeune et on a hâte de le suivre ces prochaines années, il a un bon physique, il a très bien performé comme lanceur. »
Jean Christophe Masson n’a pas coaché Mattéo, mais il a entendu de très bons échos. « Matteo, je l’ai moins vu. D’après les commentaires des autre coachs, il est clairement un lanceur. Il possède une très belle vélocité et a déjà un physique bien développé à son âge. Avec plus de contrôle, il sera très bon. »
Chaque après-les deux Huskies ont eu la chance de jouer sur le terrain de Baseball City, l’ancien centre d’entraînement des Rays de Tampa Bay (MLB). Des matchs de 9 manches ou des doubles programmes de 7 manches face à des équipes américaines ou canadiennes. Des rencontres suivies de longs débriefings avec les coachs. Une préparation XXL quelques jours avant le début de la saison.
Mattéo et Ruben, que retenez-vous de ce stage ?
Mattéo: J’ai été agréablement surpris par la différence de culture baseball (ex : l’organisation, le complexe où on a joué, la stratégie sportive, …), qui est très importante aux états unis, mais également avec les québécois. Ce m’a fait prendre conscience que nous avons encore beaucoup de choses à apporter à notre culture française et européenne. Il y avait également une super entente avec l’ensemble des joueurs et des coachs des Canonniers et donc une super intégration dans le groupe.
Ruben: oui, je suis d’accord. Ce que je retiens principalement, c’est la différence de volume de jeu entre la France et ce stage en Floride. Aucun équivalent en France.
Les infrastructures ?
Mattéo: J’ai été super content de découvrir le complexe de Baseball City (à St Petersburg) qui était parfaitement entretenu (chaque fin de match, les terrains sont remis en état pour les matchs suivants). Le complexe est gigantesque, il y a 5 terrains, des cages intérieurs et à l’extérieur, des bullpens. Je suis particulièrement reconnaissant de l’accueil des personnels et de l’attention qu’ils portent aux équipes (gestion des repas, organisation des douches, …) et sur l’entretien des terrains. Les matchs se déroulaient sur le complexe de Baseball City, et les pratiques au Vista Complex.
Comment se déroulaient les journées ?
Mattéo: Réveil matinal vers 7h, ensuite petit déjeuner. Entrainement pratique vers 8h45 (échauffement, mobilité, BP avec défense), ensuite départ pour Baseball City où on déjeunait le midi et puis c’était les matchs (1 ou 2 par jour selon les journées). Il y avait un préparateur physique qui appliquait un protocole « Arm Care » après chaque sortie de lanceur et à chaque fin de journée. On prenait le repas au complexe le soir vers 18h30 une fois que toutes les équipes des Canonniers (4 équipes constituées en fonction des catégories d’âge) avaient terminé leurs matchs pour qu’on puisse manger tous ensemble. Ça participait à la cohésion des groupes. Le camp a duré 7 jours, avec le premier jour une pratique uniquement et une journée off au milieu du camps.
« CELA ME DONNE ENVIE DE CONTINUER À TRAVAILLER FORT POUR TOUJOURS PLUS PERFORMER » – Ruben
Avez-vous le sentiment d’avoir progressé ? Si oui, dans quel domaine ?
Ruben: J’ai bien évidemment progressé. En terme de lecture de jeu, comme catcheur et comme frappeur. J’ai aussi mis l’accent sur quelques aspects techniques qui étaient à corriger.
De plus, j’ai énormément pris en expérience, avec des joueurs de mon âge possédant un niveau très élevé. Quand tu les regardes, tu te rends compte du chemin qu’il te reste à faire pour être au niveau de ces joueurs de ma génération.
Mattéo: J’ai vu d’autres approches et stratégies du jeu, cela m’a donc permis de m’adapter en affrontant d’autres équipes nord-américaines (Floride et Canada). De notre côté, on sort de notre préparation hivernale et donc de baigner dans ce camp permet de reprendre contact avec le terrain dans de bonnes conditions.
Quel bilan tirez-vous de cette semaine ?
Mattéo: C’était une super expérience de pouvoir faire ce camp sur le sol américain avec les Canonniers (un grand merci à eux pour l’accueil et pour cette opportunité, sans oublier Quentin Becquey et l’ensemble du club des Huskies de m’avoir fait confiance et envoyé là-bas). J’ai pu jouer 6 matchs avec de belles victoires et quelques défaites instructives. Le bilan est donc pour moi positif et prometteur pour cette saison 2025 qui va démarrer. Je suis prêt à revivre ce type d’expérience !
Ruben: Cela me donne envie de continuer à travailler fort pour toujours plus performer. Nous étions avec des joueurs qui possèdent une culture du baseball plus riche, un volume de jeu plus important, et c’est donc à moi de faire les efforts nécessaires pour ne pas prendre de retard.
Comment étaient les coaches ?
Mattéo: Les coachs étaient très gentils et à l’écoute pour que chacun progresse. Il y avait une très bonne entente entre les coachs et les joueurs. Ils étaient ouverts et accessibles ce qui a permis de faciliter mon intégration. Ils avaient également à cœur que chacun puisse avoir un temps de jeu équitable.
Ruben: Les coachs sont d’anciens joueurs et sont jeunes, ce qui apporte une grosse dynamique. Ils sont tous bienveillants, à l’écoute et donnent des retours constructifs sur nos entraînements et matchs. J’avais en plus Jean-Christophe Masson (champion de France avec les Huskies en septembre dernier) dans le staff de mon équipe. C’était sympa de voir un visage familier et puis, ça fait toujours plaisir de revoir nos anciens coéquipiers, même si, dans ce cas, c’était une relation coach- joueur.
Quel était le niveau de jeu ?
Mattéo: Le niveau de jeu était globalement bon. Tous les groupes jouaient forts, les défenses étaient en place et ça frappait bien, et on a affronté des lanceurs sérieux. Le niveau est globalement bien plus élevé pour chaque catégorie d’âge que ce que l’on peut trouver en France.
Ruben: Pour l’équipe 1 et 2, le niveau était plus tôt relevé, avec des équipes par exemple composées de joueurs plus vieux qui souhaitent signer pros (l’ancien rouennais José Paula était parmi ces joueurs).
Pour les autres équipes, il y’avait des écoles, des équipes créées juste pour le tournoi ou encore des équipes en préparation comme l’université de Tampa (tenant du titre D2 NCAA) ou la dernière équipe que nous avons affrontés qui est classé top 5 au Minnesota avec des joueurs ayant déjà signés pour des universités en D1 NCAA ou commited dans des grosses équipes.