Sénart/Rouen, la rivalité renaît ?

Une équipe va perdre son premier match de la saison ce dimanche : Sénart – Rouen, c’est le duel des invaincus, et pas mal de promesses de beau jeu.

Pendant 15 ans, de 2007 à 2021, Rouen – Sénart a été l’affrontement majuscule du baseball français. Quelque chose comme son « rumble in the jungle », deux poids-lourds face à face, avec des stratégies différentes, mais un punch capable de mettre l’autre KO à chaque coup de poing. La rivalité entre les deux organisations a donné lieu à des passes d’armes qui resteront dans l’histoire du baseball français. De l’invraisemblable retournement de situation de 2007 au suspens sur le fil du rasoir de 2021, les deux formations n’ont tout simplement rien laissé aux autres : 13 titres de champion pour Rouen, 1 pour Sénart, 8 finales entre les deux équipes (8 victoires rouennaises), 8 challenges pour Rouen, 4 pour Sénart, 5 finales entre les deux équipes (4 victoires rouennaises).  La victoire de Montpellier dans le Challenge 2021 fait figure de passage de la comète de Halley, le genre de phénomène dont on sait qu’il existe, mais qu’on ne pense jamais voir dans sa vie. Depuis, les deux formations se sont un peu éloignées, championnat à 12 équipes en 2 poules oblige. Elles ne se sont pas rencontrées en 2022 et 2023, et les 4 matches de la saison dernière ont tourné à la démonstration pour les Huskies : 4 succès, 39 points à 9, 49 hits à 19. 

Alors, qualifier le Sénart – Rouen de dimanche de « match au sommet », comme vu sur une page Facebook, c’est un peu court. Il ne s’agit que de la deuxième journée du championnat, beaucoup d’eau va couler sous les ponts. On n’en est pas encore au 5e match d’une finale. Mais c’est vrai que ce match, sans avoir les saveurs inoubliables du passé, est parfumé d’une petite odeur de défi qui n’est pas désagréable. Les deux équipes ont remporté leurs deux premiers matches le week-end dernier, et ce sont les deux seuls invaincus qui sont face-à-face. Celui qui s’imposera deux fois, si cela arrive, marquera le début de saison de son empreinte.

Sénart a impressionné face à Savigny, avec une attaque particulièrement solide, capable de construire ces grosses manches qui font basculer les rencontres. Le pitching a été en reste, mais on y reviendra. En tout cas, si la vague de départ de jeunes espoirs a surpris, leur remplacement par les 4 Mousquetaires des Cougars a porté ses fruits. Du côté des Huskies, il y a eu du bon. La vitesse sur les sentiers fait toujours partie de l’arsenal de Quentin Becquey (10 vols en 11 tentatives), les cadres français ont fait le travail, la défense de fer, et on n’a pas suffisamment insisté sur l’excellente sortie de Matteo Manaranche, 1 hit et 0 point en cinq manches de travail. Il y a eu aussi du moins bon, 14 buts sur balles par le pitching staff, et un relatif manque d’efficacité dans les situations importantes (les coussins ont été laissés remplis à 3 reprises). Mais les Huskies n’ont absolument aucun intérêt à être au top de leur forme et à tirer sur les bras de leurs lanceurs alors que leur saison sera riche en multiples objectifs.

Face à Lopez

Un des gros intérêts des matches du week-end sera la confrontation de l’attaque rouennaise face à un Yorfrank Lopez qui a fait forte impression face à l’offensive des Lions, dont on sait qu’elle peut être très dangereuse. 

Lopez vs Rouen, c’est une longue histoire. L’ace vénézuélien a affronté 13 fois les Huskies depuis son arrivée en France, avec une fiche négative de 4 victoires et 7 défaites.  Il a dominé quand même statistiquement, mais un peu moins que face aux autres équipes : 2,55 de ERA (contre 1,99), 9,36 K/9 manches (contre 9,78), .207 de batting average (contre .196), 2,72 BB/9 manches (contre 2,48). Ces chiffres montrent que Rouen peut faire quelque chose contre Lopez, mais que rien n’est acquis. Il serait par ailleurs trop réducteur de circonscrire les matches de dimanche à ce seul duel, car les Huskies auront aussi fort à faire face à un Émile Brelle, revenu en grande forme de sa préparation en République Dominicaine.

Faire parler la poudre

Il faudra donc que les battes rouennaises soient à la hauteur. Flood et Roccaforte, sans avoir fait la même impression de puissance que Smith et Defries, ont été très solides face à Béziers (7 en 17 à eux deux, mais un seul extra-base) et les Killers Bee (11 en 25 pour Bert, Blondel, Brainville) ont fait parler la poudre. Il faudra tenir ce rythme, et compter sur un meilleur apport en début et en fin d’alignement, pour mater des Templiers pleins de vie et que certains observateurs voient déjà en finale du championnat. On peut compter sur coach Becquey pour travailler au cordeau son line-up afin de trouver des solutions, tout comme on peut s’attendre à quelques changements dans la rotation, avec peut-être plus de responsabilités confiées à Bellina, qui poursuit sa remise en forme.

Alors, c’est vrai que Rouen – Sénart, c’était mieux avant. Mais qui sait si ce dimanche va voir naître une nouvelle rivalité, une nouvelle domination, de nouvelles tensions. C’est, en fait, tout ce que l’on souhaite.



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