28 Avr Rouen s’installe en tête
Une double victoire contre Toulouse (5/3 et 9/0) propulse les Huskies en première place.
C’est ce qui s’appelle faire une bonne opération. En battant deux fois Toulouse, les Huskies ont pris la première place du championnat. Comme souvent cette saison, les rouennais ont fait très sérieusement le travail. Tout n’est pas parfait, mais on sent une montée en puissance graduelle. D’abord en défense, avec une nouvelle fois une copie très propre avec deux matches sans erreurs (c’est la 6è fois cette saison que la défense des Huskies rend une fiche immaculée). Ensuite au monticule, où les Huskies n’ont pas trop été inquiétés. Bellina a quand même donné 9 hits en 7 manches, mais aucun but-sur-balles. Avant de rejoindre le camp d’entrainement des Capitales de Québec, Thibault Mercadier a été dominant pendant 5 manches. Et coach Becquey a pu utiliser sereinement son bullpen, qui a fait le travail. Enfin en attaque, avec encore 23 hits frappés dans le week-end. Certes, la nouvelle blessure qui a sorti Rojas du jeu après seulement deux retraits en 1ère manche a facilité la vie des rouennais, et un peu gâché le plaisir des spectateurs, car on aime toujours mieux se battre contre les meilleurs. Mais tout le line-up rouennais a été efficace, notamment les trois derniers frappeurs qui ont frappé pour 0 en 22 (.409). Toulouse n’a pas démérité, a confirmé que sa jeune classe est bourrée de talent, et que l’avenir s’annonce rose dans la ville du même surnom.
L’effet Brainville
Dans ce début de saison, un joueur se détache, c’est Louis Brainville. À la frappe, déjà, il affiche un solide .333, avec un double, un triple, un circuit, six points produits, trois bases volées et aucun strike-out. On pourrait déjà se satisfaire de cette ligne statistique. Mais c’est en défense qu’il amène le jeu à un autre niveau. Il fait du hot corner un jardin d’Eden. Il rend tous les jeux simples, avec de la fluidité, de l’élegance, de l’efficacité. Tourner de doubles-jeux 5-4-3 devient un jeu d’enfant, charger un faible roulant se transforme en retrait facile, les longs relais après un attrapé du revers deviennent des prises qui arrivent directement dans le gant du 1ère base. Avec 33 assistances, il domine largement tous les autres 3è base du championnat. A 23 ans, c’est déjà sa 7è saison en D1, mais c’est peut-être celle de l’éclosion définitive, lui qui avait déjà montré de très solides qualités (déjà 4 saisons à plus de .300), mais qui entre dans les meilleures années de sa carrière. Même son coéquipier Jake McKenzie, qui en a vu d’autres, s’avouait impressionné par le niveau de jeu de celui qui se trouve à sa droite en défense.
Si Rouen a fait la bonne opération, les Boucaniers de La Rochelle ont fait la mauvaise, en s’inclinant deux fois à Sénart. La première rencontre s’est jouée en fin de partie, Sénart profitant des largesses de Nieves : but-sur-balles, hit by pitch, BBI, hit by pitch, ce n’est l’idéal pour commencer un 8è manche décisive. La deuxième rencontre s’est jouée en début de partie, Sénart profitant des largesses de Canelon qui a déjà donné son troisième home-run depuis le début de saison et qui semble très loin de son niveau de ses dernières années. Par effet communicant, les Templiers ont fait eux aussi un excellente opération, confirmant que l’exercice 2024 n’était qu’un accident de parcours. Et un autre habitué du haut de classement complète le trio de tête, Montpellier, qui n’a laissé aucune chance à de pauvres Lions, qui n’ont marqué qu’un point et qui auront beaucoup de mal à s’en sortir. Rouen, Sénart, Montpellier aux trois premiers rangs, c’est du déjà vu. Et si la saison est encore longue, on ne serait pas surpris de retrouver encore ces trois équipes en demi-finale. Le match reporté de la semaine dernière, entre Toulouse et La Rochelle, pourrait avoir des allures décisives quand il se disputera. Enfin, en bas de classement, Metz et Béziers ont partagé les honneurs. Les Pirates ne sont pas passés loin d’un balayage qui leur aurait fait beaucoup de bien, mais leur relève a craqué en fin de 2è match. Tout reste très serré, à la fois dans le peloton de tête, qui commence toutefois à s’étirer quelque peu, et dans le bas de classement, où tout reste à faire. À ce niveau-là, la saison est passionnante. Elle l’est un peu moins quand on regarde le nombre d’erreurs : encore 36 ce week-end, après les 34 (en 6 matches) du week-end précédent et les 50 de la deuxième journée. Comme le faisait remarquer un fin connaisseur du baseball français, « les terrains sont de meilleure qualité, il y a de plus en plus de joueurs étrangers, et on n’arrive pas à lancer ou rattraper une balle ». Affligeant et inquiétant.