Attention au lion blessé

A quelques jours du premier grand rendez-vous de la saison, les Huskies doivent se méfier d’une équipe de Savigny qu’il ne faut surtout par prendre à la légère.

Keino Perez a gagné dix Challenges de France, comme joueur au comme coach. Disons qu’il connait la recette pour s’imposer dans cette compétition. Il répétait souvent : « le challenge se gagne le week-end précédent ». Autrement dit, par la gestion des lanceurs, quatre jours avant que l’épreuve ne commence. Comment les 8 équipes qui se retrouveront jeudi à Metz et Argancy prépareront-elles ce rendez-vous ? On analysera tout cela dès dimanche soir !

Tout juste installé au 1er rang du championnat, les Huskies retrouvent une vieille connaissance ce dimanche, les Lions de Savigny. L’affiche du remake des finales 2022 et 2024 pourrait sembler toutefois un peu jaunie, car rien ne tourne rond chez les Lions cette saison. L’attaque tient encore un peu la route (5è average, 3è OPS), mais prend trop de strike-outs (91). La défense est totalement en friche, avec 36 erreurs. C’est beaucoup, beaucoup trop. Par exemple, l’américain Kittrell ne fait pas le travail à l’arrêt-court, il a même été « benché » la semaine dernière. Et le pitching est en souffrance. Les starters ont une moyenne collective de 7,39 et le bullpen, qui est une des forces principales des Lions l’an passé, tourne à 5,07. Orozco, qui fit souvent la différence la saison dernière, n’est que l’ombre de lui-même avec une ERA de 6,32(1,75 en 2024), même si les strike-outs sont toujours là (12,6 K/9). Coste semble revenir à son meilleur niveau après un début de saison difficile (5,00 ERA dans ses 2 premiers matches, 0,69 dans ses 3 derniers), mais il manque un lanceur partant vraiment solide, et Savigny a dû faire appel à Acuna, sans trop de succès. Le leader des Lions n’est que l’ombre de lui-même à la frappe, avec une moyenne de .229 qui ne lui ressemble pas. Et ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle pour l’adversaire.
Car les Lions restent les Lions. Personne ne pourra prétendre affronter cette équipe la fleur au fusil et le sourire au coin des lèvres. Ainsi, Acuna ne restera pas à .229. C’est un frappeur-né, et il va retrouver le chemin de l’efficacité. Ses co-équipiers A.Amoros (.452) et la jeune sensation vénézuélienne Nunez (.405) tirent l’attaque vers le haut, et les Planes, Ouanyou (déjà 2 circuits), Rioux, sont tout à fait capables de faire de même.

Alors Rouen se devra de continuer à élever son niveau de jeu, comme il le fait graduellement depuis le début de la saison. Les quatre derniers matches ont démontré que l’attaque des Huskies commençait à trouver son rythme de croisière, en frappant au moins 11 hits dans chacune des rencontres. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que cette offensive est très équilibrée. Rouen est la seule équipe dont les frappeurs 1-3, 4-6 et 7-9 frappent tous au-dessus de .300. Voilà qui complique la tâche du pitching adverse. La défense rouennaise est largement au-dessus du lot. Mais attention, si les Huskies n’ont commis aucune erreur à la maison en 6 matches, ils en ont 8 à l’extérieur en 4 rencontres, et le terrain de Limeil-Brévannes n’est pas toujours propice au beau jeu. Enfin, le pitching a montré beaucoup de profondeur le week-end dernier, même si le départ pour Québec de Mercadier réduit le champ des possibles. On attendra par exemple un peu mieux de Bellina, qui a donné 9 hits la semaine dernière, c’est beaucoup.
Les Huskies restent sur une dynamique positive de quatre victoires consécutives qu’il serait bon de poursuivre, histoire de montrer sa force avant le Challenge. Car si c’est vrai que ce sont les bras qui font la différence, dans cette compétition, mais y arriver en pleine confiance ne nuit jamais.

Cette journée pourrait constituer un véritable tournant dans la saison. On le sait, le championnat se scinde en deux groupes, un top-5 et un bottom-3. Mais, justement, ce week-end, les trois équipes de bas de classement rencontrent une équipe du haut. Et si les trois équipes s’inclinent deux fois, le gouffre sera trop profond à combler par la suite.
Metz se déplace à La Rochelle pour affronter des Boucaniers en quête de rédemption après leur double échec à Sénart. Les lorrains ont, semble-t-il, réussi leur recrutement de la semaine dernière, leurs deux nouveaux arrivés ont fait la différence dans le match 2 contre Béziers. Mais cela ne change rien au principal point faible des Cometz, le pitching JFL, dont la moyenne de 10,09 traduit les difficultés. Il va être très intéressant de suivre le comportement de La Rochelle, n’était-ce qu’un mauvais week-end, ou est-ce que l’euphorie des 6 premiers matches est déjà retombée ? Les Boucaniers avaient enflammé le début de saison en 2024 avant de rentrer dans le rang, ils doivent absolument éviter ce scénario, en attentant notamment plus de leur jeunes espoirs Briones (.172) et Pierre (.125) qui souffrent en ce moment.

Autre affrontement qui sera significatif, celui entre les Pirates et les Templiers. La puissante attaque de Béziers va se confronter au monstre à deux têtes de Sénart, Lopez et Martinez, 1,31 de ERA, 41K en 48 manches. Et se demandera quel Émile Brelle elle va affronter, celui qui passe La Rochelle (7 IP, 1 ER) ou Savigny (6 IP, 0 ER) à la moulinette ou celui qui ne tient pas la distance contre Rouen (6 ER en 3 manches) ou Toulouse (5 ER en 5 manches). C’est un test important pour le promu qui, comme Metz, n’est pas à la fête sur le pitching JFL (8,05 de moyenne).

Le dernier match sera le toujours chaud derby entre Toulouse et Montpellier. Les toulousains sont un peu suspendus à l’état de Rojas, qui, s’il parvient à surmonter sa blessure récurrente aux adducteurs, leur donne toujours dans chances de gagner. Le Stade, malgré tout le talent de sa jeune garde, n’est pas le même sans lui. Si les Barracudas se sont hissés à la 2è place du classement, c’est en profitant d’un calendrier favorable. Ils sont la seule équipe du top-5 à avoir affronté les trois équipes de bas de tableau. Montpellier a gagné ces six matches, ce qui est très bien, mais a perdu deux fois contre La Rochelle et partagé contre Sénart. Les hommes de James Smith doivent montrer leur capacité à lutter face aux meilleurs. 



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