05 Mai Rouen reste leader, mais…
Les Huskies ont souffert contre les Lions, dans un partage qui confirme certaines difficultés entrevues depuis le début de saison. La place de leader a été sauvegardée, mais du travail reste à accomplir.
Les Huskies abordent le Challenge de France en tête du championnat. Ca, c’est le verre à moitié plein. Mais le verre à moitié vide est pas mal rempli. Car Rouen n’a pas vraiment convaincu face à Savigny. On a retrouvé, notamment dans le match 2 qui s’est terminé par une sévère défaite 1-8 (le plus gros écart depuis un 0-7 face à Montigny le 18 juin 2023). Les Huskies ont encore frappé plus de hits que leurs adversaires, comme dans chaque match depuis le début de saison, mais ils n’ont pas réussi à les grouper, et surtout à faire la différence en début de partie. Dans les 5 premières manches, Rouen a placé deux coureurs sur les sentiers, sans parvenir à conclure. La productivité n’est pas là, le hit avec 2 retraits, notamment, ne vient pas souvent. Et l’autre problème récurrent des Huskies est le manque de contrôle des lanceurs, encore 11 buts sur balles concédés, ce qui est un peu trop élevé. La défense a aussi souffert, confirmant que les rouennais ne sont pas à l’aise quand ils quittent le cocon du terrain Pierre-Rolland, ce qui peut inquiéter avant un Challenge joué à l’extérieur.
Ne pas faire rentrer de points quand ça compte et mettre des coureurs adverses sur les sentiers, ce n’est pas vraiment la bonne recette pour gagner. On peut parfois s’interroger sur la gestion des at-bats des Huskies, qui sont l’équipe qui s’est le plus souvent élancée sur le 1er pitch, 98 fois (le suivant, Béziers, n’est qu’à 71), avec certes une excellente moyenne dans ces circonstances (.378, seul Montpellier fait mieux à .396), mais cela donne parfois un sentiment de précipitation dans les moments clés.
Rouen s’en est bien sorti dans le premier match, avec un manche très difficile, la 5eme où 5 points furent marqués par Savigny, mais, profitant des difficultés en relève des Lions, Rouen a pu renverser la vapeur en fin de match. Mais ils n’ont rien pu faire dans le 2eme face à un Coste qui a décidément oublié son début de saison difficile et un Orozco qui semble avoir retrouvé, au moins pendant 4 manches, tout ce qui faisait de lui un lanceur si dominant la saison dernière.
Alors, bien sûr, il faut revenir au verre à moitié plein. La première place, des statistiques convaincantes pour l’attaque (meilleure OPS du championnat), un line-up bien équilibré, des solutions en relève, mais il manque pour l’instant aux Huskies comme une étincelle, une capacité à taper du poing sur la table et à ne pas laisser rêver l’adversaire. Le Challenge permettra peut-être aux rouennais de retrouver plus l’instinct du tueur qu’ils avaient en fin de saison dernière.
Les Huskies ne sont pas les seuls à ne pas tourner à plein régime, cela dit. Aucune des 5 équipes de tête n’a gagné deux fois. La seule formation à avoir signé un 2-0 est Béziers, qui continue à progresser match après match. La façon dont l’attaque des Pirates a détruit le le lanceur de Sénart Martinez, qui n’avait donné aucun point jusqu’alors, a été impressionnante, tout autant que la performance de Quentin Lesfargues, qui n’a rien donné pendant 4 manches. Petit à petit, Béziers se rapproche du haut du classement, et il faudra certainement compter avec eux pour la fin de saison.
Montpellier aurait pu faire la différence contre un Toulouse privé de Rojas. Mais les Barracudas, qui n’ont pas aligné Vera et fait lancer en fin de rencontre leur nouvelle recrue, l’ancien de l’organisation des Marlins, Yolian Quinonez, n’ont pas trouvé la solution face au vétéran Euri Garcia Martinez. En faisant starter Brossier et Ozanich, on a eu l’impression que Montpellier préservait quelques bras pour le rendez-vous de la fin de semaine.
Enfin Metz et La Rochelle ont partagé, dans deux matches très différents. Un beau duel dans le premier match, dans lequel les Cometz sont parvenus à résister au retour des Boucaniers, qui encaissaient une troisième défaite consécutive. Et une correction dans le second, qui a confirmé que Metz aurait du mal à s’en sortir tant que son pitching JFL ne pourra pas lui en donner plus.
Le classement reste donc toujours relativement compact au sommet, alors qu’au bas de classement, Béziers s’est donné un peu d’air avec deux matches d’avance sur Metz et Savigny, et deux matches de retard sur la 3e place. Le championnat reprendra le 17 mai avec deux matches décalés, mais qui auront un impact très important : La Rochelle – Toulouse et Montpellier – Rouen. En attendant, tout le monde prend la route de la Lorraine pour le grand moment de la mi-saison, un Challenge de France (du 8 au 11 mai) qui s’annonce plus indécis que jamais.