07 Mai La première pierre des Huskies
Rouen n’a pas caché son ambition cette saison : remporter le Challenge, que les Huskies abordent en leader. Mais la route ne sera pas facile à gravir.
Les Huskies ont été éliminés trois fois au 1er tour du Challenge de France. L’année suivante, ils remportaient la compétition. Quentin Becquey et ses hommes vont-ils réussir ce que leurs aînés ont accompli ? Rouen figure bien sûr parmi les favoris de la compétition 2025, qui se déroule pour la première fois à Metz et Argancy. Quand on se présente en leader du championnat, on est forcément de l’ambition, et le manager de la meute n’a jamais caché qu’il faisait du Challenge le premier échelon de la triple couronne (Challenge / Coupe d’Europe / Championnat) qu’il vise cette année.
Mais qu’est ce qu’il faut pour gagner le Challenge ? Du pitching, évidemment. Les Huskies ont la meilleure moyenne de points mérités, un tout petit poil devant Montpellier. Ils ont, avec une bonne marge, la plus faible moyenne à la batte chez les adversaires, le meilleur WHIP, le meilleur pourcentage de coureurs laissés sur les sentiers, le 2ème FIP. C’est un peu plus compliqué pour les strike-outs (18,83 %, 4è rang) et surtout pour les buts sur balles (11,90 %, 7ème rang). Mais, statistiquement parlant, le monticule rouennais a de quoi voir venir.
Parlons-en, du pitching. La clé du Challenge, c’est souvent la bonne utilisation des bras, en se souvenant qu’un start JFL et au moins 7 manches lancées sont obligatoires lors du 1er tour. Peut-on décrypter ce qui va se passer jeudi, dans un premier match qui peut donner le ton ? Pour Rouen, on devrait voir Bellina sur la butte. Il a été mis au repos le week-end dernier. Même réflexion pour Vera à Montpellier, et on aurait bien le sentiment que les Barracudas vont tenter de garder Quinonez pour le week-end. À Sénart, Lopez a également été protégé, et il pourrait donc être aligné. C’est plus confus pour les autres équipes. Savigny pourrait donner la balle à sa nouvelle recrue Adrian Pena. Metz pourrait vouloir bien commencer chez lui, et se tourner vers A.Paredes. Pour Toulouse, si Rojas n’est pas remis de sa blessure, on voit mal quelqu’un d’autre que Laot se voir confier la responsabilité de gagner. Pour La Rochelle, on mettrait bien une pièce sur C. Esteban. On vous donne rendez-vous jeudi soir pour faire le compte des bons pronostics.
Il reste Béziers. Qui sera l’adversaire des Huskies jeudi à 11h. Les Huskies n’ont pas forcément le début de compétition le plus simple. Certes, les rouennais se sont imposés deux fois lors de la 1èrejournée du championnat, mais sans vraiment déclasser leur adversaire. Et, depuis, Béziers n’a cessé de grandir et de prendre confiance en ses moyens. Il n’est pas simple de passer au travers du quatuor Meza / Debonville / Pilar / Torres, qui frappe collectivement pour .380. Et au monticule Gonzalez multiplie les départs de qualité (4 depuis le début de saison), même s’il est peu probable de le voir affronter Rouen 5 jours après avoir lancé un match complet de 108 pitches contre Sénart. Mais résumer Béziers à ses seuls joueurs étrangers serait bien trop réducteur, Keurinck, Volpato et Surjussont bien plus que des compléments en attaque, et le pitching JFL semble sortir la tête de l’eau (4 manches blanches pour Lesfargues contre Sénart) après avoir été malmené en ce début de saison.
Mais Rouen se doit d’être capable de passer cet obstacle. Et d’aller loin dans la compétition. Cela passera par le pitching, on l’a vu. Par la défense, aussi. Les rouennais dominent à ce chapitre, mais ils sont moins à l’aise sur le Cometz Field. 4 erreurs l’an passé, 4 cette saison, ce sera un point à surveiller. L’attaque, enfin. Les Huskies sont dominants à la frappe, ils le sont moins avec des coureurs en position de marquer. Et c’est important d’être productif dans une compétition qui se joue sur 7 manches. On a le sentiment qu’il ne lui faut pas grand-chose pour que Rouen passe à la vitesse supérieure, pour que les coureurs laissés sur les sentiers, les bases trop souvent remplies et pas assez vidées, appartiennent au passé. Les Huskies ont un authentique leader, MacKenzie, qui a déjà montré un niveau supérieur. Ils ont des solides frappeurs à tous les postes du line-up. Si tout se met à fonctionner ensemble, Rouen deviendra très difficile à jouer.
La première journée promet déjà beaucoup. On a beaucoup parlé du choc des attaques entre Rouen et Béziers. Il y aura en fin de journée un Montpellier – La Rochelle qui va valoir le détour. Les Barracudas ont encore recruté pour ce challenge, un solide cogneur canadien, Dawson Walters, et le retour de Dorian Bouniol stabilisera l’avant champ. Mais La Rochelle a battu deux fois les Barracudas lors de la 1ère journée, et son attaque n’est pas à prendre à la légère. Metz, chez lui, voudra réussir son Challenge. L’édition 2024 a donné de l’appétit aux Lorrains, qui s’étaient hissés en finale. Mais il faudra battre des toulousains qui ne lâchent jamais, comme ils l’ont démontré dimanche face à Montpellier. Enfin, Savigny, qui a très souvent bien performé dans une compétition qui va bien à l’état d’esprit des Lions, jouera sa chance à fond contre Sénart qui vient de subir un sérieux coup d’arrêt à Béziers.
Tout est en place pour quatre jours de compétition passionnante. Que le Challenge commence.
Le palmarès de Rouen au Challenge
2002 : Vainqueur (PUC 11-1 1-2, 3-1)
2003 : Finaliste (Savigny 2-4)
2005 : Finaliste (Savigny 1-6)
2006 : Éliminé au 1er tour
2007 : Vainqueur (Toulouse 5-4)
2008 : Éliminé au 1er tour
2009 : Vainqueur (Savigny 7-5)
2011 : Vainqueur (Savigny 6-4)
2012 : Vainqueur (Savigny 4-0)
2013 : Vainqueur (Sénart 9-7)
2014 : Demi-finaliste (Montpellier 2-3)
2015 : Vainqueur (Sénart 6-3)
2016 : Vainqueur (Sénart 5-2)
2017 : Demi-finaliste (Sénart 4-9)
2018 : Vainqueur (Sénart 13-5)
2019 : Finaliste (Sénart 5-7)
2021 : Finaliste (Montpellier 1-15)
2022 : Vainqueur (Savigny 11-2)
2023 : Finaliste (Montigny 4-9)
2024 : Éliminé au 1er tour