Rouen en souffrance

La machine des Huskies est grippée, les défaites s’enchainent et le collectif ne fonctionne pas. C’est dans la tempête que les grandes équipes se révèlent. À eux de jouer. 

Les Huskies vont mal. Il ne faut pas se voiler la face. L’édition 2025 est en train de réécrire le grand livre de l’histoire du club, et pas de la bonne façon. Dans le match 1, ils ont concédé 14 hits, ce qui ne leur était pas arrivé depuis 2018 (17 hits contre… Montpellier). Et avec la double défaite concédée à Veyrassi, les rouennais restent sur trois défaites de suite. Une telle série négative n’était pas survenue dans l’histoire du club depuis sa remontée en D1 en 2002. Et tout cela avant un très périlleux déplacement à Béziers. Béziers, qui a sorti Rouen (et qui ne l’a pas humilié, comme il a pu être écrit de façon excessive) du Challenge au 1er tour. Tient, justement, deux échecs consécutifs au 1er tour du Challenge, cela n’était jamais arrivé. 

Les Huskies n’ont pas existé dans le match 1. Dès la deuxième manche, avec 6 points concédés, c’était fini. Dans le match 2, Rouen s’est battu, avec une forme d’énergie du désespoir, jusqu’à reprendre les devants avant de s’écrouler dans la dernière manche. Pas grand-chose de positif à retirer pour coach Becquey. Hormis les 5 excellents manches en relève d’Arthur Magnien, qui progresse à chaque sortie. Hormis quelques éclairs, comme le double de Dagneau dans le match 1, le hit bon pour deux points d’Harrison dans le match 2. Mais, dans le côté négatif de la balance, beaucoup trop de coureurs retirés sur les sentiers, beaucoup d’erreurs (encore 5, qui porte le total à 16, toutes concédées à l’extérieur), beaucoup de strike-out : 20 au total, et la première manche du match 2 fut tellement significative à cet égard : 3 K consécutifs contre un Ben Couvreur dont on ne nie certainement pas le talent et les promesses, mais dont le manque de contrôle était une des caractéristiques depuis le début de saison. Et puis on ne peut pas se satisfaire de la performance d’un Bellina, qui a encore donné 10 hits, et surtout qui n’a pas su fermer la porte quand son équipe est revenue à la hauteur au score.

Confrontés à un adversaire solide, Rouen a étalé ses limites actuelles. Toutes compétitions confondues, les Huskies n’ont enregistré qu’une victoire à leurs 6 derniers matches. Ils ne parviennent pas à passer la vitesse supérieure, ils balbutient les fondamentaux, ils sont terriblement improductifs quand vient le temps de faire la différence. 

LES HUSKIES ONT LAISSÉ LA PREMIÈRE PLACE DU CHAMPIONNAT À DES BARRACUDAS INVAINCUS À DOMICILE

Il n’est pas temps pour autant de débrancher les instruments. Les Huskies respirent encore. Subir des trous d’air, ça arrive. Cela fait partie de l’apprentissage. Et le baseball est un sport tellement psychologique qu’il devient très facile d’enchaîner les contre-performances et de se laisser glisser au classement. C’est justement là qu’on attend Rouen. Il y a suffisamment de talents et de ressources dans cette équipe pour traverser les tempêtes. Coach Becquey a du travail, beaucoup de travail, c’est certain. Il doit trouver la bonne formule offensivement et au pitching. Il doit redonner confiance à ses troupes, leur demander d’éviter les nombreuses erreurs mentales qui plombent le parcours des rouennais, il doit leur donner les moyens d’exprimer tout leur potentiel. C’est vrai qu’on espérait un sursaut après l’échec du Challenge. Il n’est pas venu. C’est tout aussi vrai que l’échéance européenne inquiète un peu, dans l’état. Mais c’est encore plus vrai qu’une équipe rouennaise bancale, fébrile, faible, se doit de renverser la table. Cela fait partie de ce que les Huskies savent faire. Et ils vont le démontrer.

En attendant, ils ont laissé la première place du championnat à des Barracudas invaincus à domicile (et être intraitable à la maison, c’est souvent ce qui fait les champions), et qui s’appuient, eux, sur quelques certitudes, dont leur haut de line-up, qui une nouvelle fois a montré ses muscles : 14 en 30 pour Brossier, Rodriguez et Kovacs, ça donne le ton. Tout le monde a ses problèmes, alors Montpellier doit se gratter la tête avec le 0 en 8 de Walters et la relève gâchée de Quinonez. Mais les Barracudas sont premiers, et personne ne peut leur enlever ça. Ils se posent en favoris numéro 1 pour le titre, et comme candidats sérieux à une consécration européenne qui a toujours été jusqu’alors un plafond de verre. Mais la vérité d’un week-end de mai n’est pas celle d’une finale de septembre. Les photos et vidéos triomphantes d’une double victoire au cœur du championnat résonnent parfois douloureusement quand l’heure de faire les comptes. Rouen est revenue la tête basse de Metz, la tête encore plus basse de Veyrassi. Il reste beaucoup de temps aux Huskies pour la relever. 



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