Descente dangereuse

Une longue descente dans le Sud, c’est bien pour les vacances. Mais pour se refaire une santé après trois défaites, ce n’est pas forcément l’idéal. Les Huskies auront beaucoup à prouver face à une équipe de Béziers qui impressionne depuis le début de saison.

Les Huskies vont-ils parvenir à enrayer une série négative ? Ce n’est pas l’idéal pour y parvenir, que de se déplacer dans la chaude ambiance de Béziers, face à une équipe qui semble progresser à chaque sortie et qui, faut-il le rappeler, à battu deux fois Rouen lors du dernier Challenge de France.
Quentin Becquey voit pourtant des raisons d’espérer. Le coach se félicite de la fin du 2è match contre Montpellier. Même dans la défaite, il a vu de belles promesses pendant les dernières manches : « on a su élever notre niveau de jeu, avec des ajustements techniques et mentaux, avec une prise de conscience collective et individuelle qui montre qu’on va dans le bon sens. Je suis convaincu que nous sommes très près d’arriver à notre meilleur niveau. Il ne manque plus grand-chose, juste un petit déclic ».

Va-t-il survenir ce week-end ? Béziers, à domicile, ce n’est pas simple à affronter. Les Pirates frappent chez eux pour .370 (contre .271 à l’extérieur) et ont une ERA de 2,82 (contre 6,43 à l’extérieur). On a appris à découvrir les solides individualités qui composent le groupe, à commencer par l’arrêt-court vénézuelien Meza, qui a frappé en lieu sûr dans tous les matches depuis le début de saison, et qui affiche la meilleure WAR (1,7) depuis le début de saison. Pilar, le pilier des Pirates, continue son bon travail : il est le leader pour les RBI avec 2 retraits (9) et pour les matches avec plus d’un hit (9). Mais ce serait trop réducteur de résumer Béziers à sa légion étrangère, puisque les jeunes font le travail, à l’image de Keurinck, leader pour la moyenne sur les balles mises en jeu (BABIP). Au pitching, Gonzalez impressionne, notamment sur ses trois derniers matches (0,78 de ERA , 32 K en 23 manches). Et puis Lesfargues semble avoir pris la mesure de la D1, il reste sur deux sorties plus qu’intéressantes contre Sénart (championnat) et Metz (challenge). Voilà donc Béziers qui peut commencer à regarder vers le haut, à chercher une place parmi le top-4, et qui aimerait certainement bien continuer à se poser en tombeur de Huskies.

Ce qui semble être la caractéristique des rouennais cette saison, outre le manque de réalisme dans les situations importantes, c’est une régularité insuffisante. Tout le monde ne joue pas à son meilleur niveau au même moment, et ces montagnes russes affectent le rendement global. Aujourd’hui, si un Harrison (9 en 19, 6 RBI à ses cinq derniers matches), Blondel a plus de difficultés (1 en 12) de même que Lebouc (0 en 15), et on attend forcément mieux de Flood (3 en 16), absent à Montpellier. L’attaque rouennaise a pourtant la 2è meilleure moyenne (derrière… Béziers) et le meilleur slugging, ce qui laisse à penser que quand tout le line-up sera au diapason, qu’un Dagneau retrouve ses sensations, qu’un MacKenzie continue à montrer l’exemple par ses bonnes at-bats, les victoires devraient de nouveau s’accumuler. À propos de statistiques offensives, il est intéressant de constater que les Huskies sont l’équipe qui a encaissé le moins de strike-outs (13,7 %, le deuxième est Béziers à 18 %) et qu’elle va affronter le pitching staff qui en lance le plus (9,36 / 9 manches pour les Pirates, devant les 9,33 de Montpellier). Il est fort probable que de ce duel de puissance sortira la vérité du double affrontement. 
Le pitching des Huskies doit lui aussi lever son niveau de jeu. Bellina a donné 19 coups-sûrs à ses 15 dernières manches, c’est beaucoup. Mais on peut là aussi raisonnablement penser que les choses vont rentrer dans l’ordre, et qu’un Mercadier à 6,55 de ERA et un Prioul à 8,67, ce n’est pas naturel et cela ne peut aller qu’en diminuant. 

En tout cas Rouen n’est pas forcément favori face à un promu, et même en déplacement, ce n’était pas courant par le passé. Il faudra être fort, à tous les niveaux, pour passer l’obstacle. Et sûrement oublier les incidents de Metz, ne pas tomber dans le piège de la revanche ou de la provocation. Ce genre de match se gagnera aussi dans l’attitude.

LA REVOLTE DES MAL CLASSÉS ? 

Pour les autres matches de la journée, on va savoir si le Challenge de France a rebattu les cartes. On le rappelle, la finale a opposé les deux derniers du classement, ce qui n’était jamais arrivé. De quoi booster Lions et Cometz ? Ils auront l’occasion de le montrer, Savigny dans un court déplacement à Sénart, Metz en recevant Toulouse. Deux matches là aussi très intéressants, qui peuvent changer carrément la face du championnat si les mal-classés s’imposent. Quant à Montpellier, il va étrenner son maillot jaune face à La Rochelle, qui l’a battu deux fois lors de la 1ère journée.  Les Barracudas sont très solides cette saison, sans vraiment de point faible, et il faudra un grand La Rochelle pour être la première équipe à gagner cette saison à Veyrassi. Là aussi ce match peut donner des indications intéressantes pour la suite. Ce week-end de fête des Mères s’annonce aussi comme celui de la fête de la D1 !



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