C’est mieux à la maison

Les Huskies réussissent mieux à domicile qu’à l’extérieur depuis le début de saison. La venue dimanche des Templiers doit confirmer cette tendance, alors que le sprint final approche.

 

C’est reparti ! Après une pause de trois semaines, les Huskies retrouvent le championnat de France pour ce qui n’est pas tout à fait encore le sprint final, mais en tout cas on s’approche des échéances décisives. Certes, ces trois semaines n’ont pas été totalement inoccupées. Il y a eu la Coupe d’Europe, et un échec douloureux pour les Huskies, battus pour la première fois à domicile dans cette compétition, et par un club français (Montpelllier), c’est qui ajoute à la pénibilité de la défaite. Et puis il y a eu du mouvement de personnel, avec l’arrivée d’un lanceur australien, Luke Livian, et d’un arrêt-court américain, William Martinez. Ils remplacement Daniel Gore, dont les performances n’ont pas correspondu aux attentes, et Austin Roccaforte, retourné chez lui pour des raisons familiales majeures.

Ce n’est pas trop dans les habitudes des rouennais de procéder à des transactions en cours de saison, mais on sentait bien que quelque chose ne tournait pas complètement rond dans l’effectif rouennais. Il manquait un peu de profondeur au monticule et de stabilité en défense et au début de line-up. Rien n’est jamais acquis d’avance quand on recrute, surtout juste avant la fin de la date limite des rosters définitifs, mais le brain-trust des Huskies a pensé qu’il fallait donner un petit coup de boost à l’équipe.

La première partie de saison est un peu en demi-teinte. Certes, les rouennais sont deuxièmes, mais ils furent premiers après une belle série de cinq victoires consécutives, avant de prendre l’eau et de s’avouer vaincus à Montpellier (l’histoire a tendance à se répéter cette saison) et laisser filer ce statut. Pour ne pas remuer le fer dans la plaie, on ne va pas rappeler le Challenge et l’Europe, mais force est de reconnaître que les Huskies sont pour l’instant bredouilles. Ils devraient se qualifier pour les play-offs, mais l’ambition sera quand même d’aller chercher les Barracudas (qui viennent à Rouen pour l’avant-dernière journée) et de pouvoir avoir l’avantage du terrain en séries.

Et ce n’est pas un élément négligeable. Les Huskies restent en effet sur six matches consécutifs à l’extérieur, qui se sont soldés par 3 victoires et 3 défaites. Au total, hors de leur maison, ils sont 6-4, conte 5-1 à Rouen. C’est chez eux qu’ils frappent mieux (.312 contre .302), qu’ils lancent mieux (ERA de 3,33 contre 3,45), et surtout qu’ils défendent mieux (0 erreur contre 24). On n’est jamais si bien que chez soi.

PAS MAL DE QUESTIONS EN SUSPENS, MAIS QUELQUES ESPOIRS AUSSI

Il sera intéressant de voir quels seront les ajustements effectués dans son line-up par coach Becquey. L’expérience Blondel au premier rang va-t-elle se poursuivre ? Cela a relativement bien fonctionné jusqu’alors, 3 en 8 contre Béziers, 8 en 15 en Coupe d’Europe. Mais l’arrivée de Martinez ne donne-t-elle pas au manager rouennais la solution qu’il recherche en haut d’alignement ? Qui va s’imposer au poste stratégique de clean-up, qui a été occupé jusqu’alors par 5 frappeurs différents ? Pas mal de questions en suspens, mais quelques espoirs aussi. Celui de voir Harrison continuer à produire comme il le fait depuis 7 matches (14 en 28, 13 RBI). Et la certitude de s’appuyer comme leader offensive sur MacKenzie, qui sera sans doute un peu libéré et soulagé de ne plus avoir la responsabilité de l’arrêt-court (6 erreurs commises), et qui confirme son statut de frappeur de haut niveau. Alors qu’il a joué 6 matches de moins que les autres, il est au sommet dans des statistiques avancées aussi déterminantes et révélatrices que le WAR (2,0, 1er) et le Win Probability Added (2e). 

L’attaque n’est pas le souci majeur des Huskies. Ils auront notamment besoin que leurs lanceurs partants tiennent le choc. Ils ont pour l’instant une fiche collective de 5-4 et seulement la 5è meilleure ERA avec 3,84. Certes, les releveurs sont très dominants (6-1, 2,28), mais Rouen a besoin de starters qui vont loin dans le match et qui permettent à leur équipe de prendre les devants. On remarque que les buts-sur-balles ont tendance à diminuer depuis quelques matches, ce qui est une bonne nouvelle, mais on attend forcément plus du pitching staff rouennais. 

Reste le dernier aspect, l’état psychologique. Les Huskies avaient la ferme intention de réaliser le triplé. Pour l’instant, c’est 0 en 2. Mais le trophée le plus important, le plus convoité, c’est celui remis au Champion de France. Rouen doit laisser derrière lui les déceptions de mai et de juin et lancer sa fin de saison sur de bonnes bases, avec une montée rapide et forte en puissance. Sénart ne s’en laissera certainement pas compter, les Templiers sont 3e mais n’ont écarté aucune menace quant à une qualification en play-offs. Quel sera leur effectif, on ne le sait pas, puisqu’il se murmure qu’un (ou deux) sénartais seraient sous le coup de suspensions, information qui n’a jamais été dévoilée officiellement (le silence restant le moyen de communication préféré de notre sport) mais qui s’échange dans le petit monde du baseball français. On verra bien…

Les deux nouvelles recrues rouennaises, le lanceur australien Luke Livian et l'arrêt-court américain William Martinez.


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