20 Juin La loi des séries
7 défaites de suite pour La Rochelle, 4 victoires consécutives pour Rouen. Les séries vont-elles se poursuivre, c’est tout ce que souhaitent des Huskies qui doivent montrer leur résilience.
Les séries, c’est fait pour s’arrêter. Les Huskies vont espérer que cet adage bien connu dans le monde sportif ne se vérifiera pas. Parce que pour ce qui est des séries, La Rochelle sait ce que sait : 7 défaites consécutives, avec les chiffres qui appuient cette spirale négative : 18 points marqués contre 52 encaissés, 34 hits frappés contre 73 concédés, et des performances individuelles qui s’effondrent. Crawford est passé de .333 à . 250, Johnston de .343 à .304, Laufenbuchler de .231 à .172, Pena de .333 à .317, Tovar de .410 à .311. On ne reconnait plus le De La Rosa dominant de la saison dernière, C.Esteban si performant au premier rang, Pierre semble victime de la guigne de la deuxième année, Canelon n’est que l’ombre de lui-même. Et on sent, à travers les nombreux changements dans le line-up comme en défensive, comme coach Ossandon tente par tous les moyens d’inverser la tendance. Une tendance qui se répète fâcheusement d’une année sur l’autre, un début de saison sur les chapeaux de roue suivi par une forte période de dépression. Mais on le redit, les séries, ça s’arrête. Au fait, Rouen vient d’aligner 4 victoires de suite. C’est une série, ça aussi ?
Les Rouennais sont d’autant plus méfiants que les Boucaniers sont beaucoup plus à l’aise à domicile qu’à l’extérieur .268 de batting average contre .169 à l’extérieur, une ERA de 3,43 contre 5,17. Et ils n’oublient pas non plus que La Rochelle commence un peu à ressembler à leur bête noir , menant 6-5 dans les 11 derniers affrontements entre les deux formations. D’ailleurs, le seul succès obtenu hors de ses bases par La Rochelle était au stade Pierre-Rolland. Depuis cette victoire, célébrée avec force démonstrations d’euphorie, rien ne va plus pour les Boucaniers. Ils étaient alors en tête du championnat, au coude à coude avec les Barracudas. Mais si on faisait le classement après cette rencontre, il serait le suivant : 1. Montpellier 9/2, 2. Rouen 9/3, 3. Béziers, Savigny 6/6, 5. Toulouse, Sénart 5/7, 7. Metz 4/7, 8. La Rochelle 2/10.
Du côté des Huskies, on se prépare au sprint final, avec l’ambition certaine de passer devant les Barracudas pour bénéficier de l’avantage du terrain en play-offs. Les Huskies ont eu quelques couleuvres à avaler depuis un mois, entre la défaite au 1er tour du challenge de France, le double revers à Montpellier qui les a sortis du 1er rang, l’échec en demi-finale de la Coupe d’Europe. L’heure de la résilience a sonné pour Rouen.
Il y a du positif, dans ces heures grises. L’attaque continue à fonctionner relativement bien. Les Huskies sont difficiles à retirer sur trois prises (13,6 %, Montpellier est à 17,2 %), ils dominent avec average, slugging et one-base, ils sont les plus complets (1er au WOBA) mais restent fragiles sur les sentiers (81 % de réussite, au 4è rang), et sont devancés dans certaines statistiques avancées comme l’Isolated Power (3è derrière Montpellier et Savigny) ou le secondary average (2è derrière Savigny). On va attendre mieux d’un MacKenzie, qui n’a pas produit de point à ses 7 derniers matches et connait un petit slump de 2 en 14, mais l’offensive rouennaise est bien équilibrée, et le danger peut venir de partout, à l’image des 2 RBI importants de Viger contre Savigny, ou de la présence d’un frappeur comme Flood au 9è rang. L’arrivée de Martinez ajouté de la vitesse (avec 47 bases volées, les Huskies sont déjà en tête), et Joris Bert continue d’épater (11 en 23 à ses 6 derniers matches). Du côté du monticule, Scott Bellina commence de plus en plus à ressembler au lanceur qui dominait dans le championnat allemand la saison dernière, et Luke Livian a montré de belles choses contre Sénart. Il reste au pitching français à trouver un peu plus de constance, surtout Thibault Mercadier, qui a connu une sortie difficile contre les Templiers après avoir été excellent en Coupe d’Europe.
L’impression globale est que les Huskies sont encore un « work in progress », mais que petit à petit les pièces se mettent en place. C’est dans ce sens que le déplacement en Charente-Maritime revêt tout son intérêt, celui de continuer la progression, de rester dans la roue des Barracudas, prompts à saisir la moindre occasion de passer devant, de montrer que Rouen demeure une équipe dominante dans le championnat. C’est un vrai test pour les Huskies, ce week-end. C’est un peu de la fin de saison qui commence à se jouer.