Urgence(s)

Face à Metz, les Huskies n’ont pas d’autre choix que de gagner. Mais rien n’indique que cela sera une formalité.

Les Huskies ne cessent d’inventer de nouvelles façons de perdre cette saison. Dimanche, à La Rochelle, c’est un strike-out relâché et une erreur de gant en 1ère base qui a donné la victoire aux Boucaniers, couronnant une neuvième et dernière manche riche de la bagatelle de 4 erreurs. Du jamais vu. Et voilà qui concluait un week-end de deux défaites dans deux rencontres que les rouennais avaient pris par le bon bout, avant de retomber dans leurs habituels travers, entre mauvaises approches à la batte, courses hésitantes sur les sentiers, défensive aux abois et production absente. Ce n’est pas l’affaire d’un seul coupable, mais d’une déliquescence collective dans lequel le seul à répondre présent fut Sébastien Duchossoy, appelé en renfort de la D2 pour remplacer des absents. Ce qu’un vétéran aguerri et qui connait son rôle parvient à réaliser, on est en droit de penser que des joueurs titulaires soient en mesure d’en faire autant.

Mais bon, Rouen reste accroché à la deuxième place, en gardant une marge encore relativement confortable sur le groupe des 5 furieux (Sénart, Toulouse, Béziers, La Rochelle, Savigny) qui ne lâchent rien, se battent comme de fauves et vont entamer une lutte sans merci pour se qualifier en play-offs. Les rouennais n’ont toutefois pas intérêt à s’endormir sur cette deuxième marche. Car leurs trois dernières journées n’auront rien de reposant : un déplacement toujours très difficile à Toulouse, une réception de l’impressionnant leader montpelliérain qui n’a jamais perdu en 3 matches contre Rouen cette saison et pour finir la venue des Lions de Savigny qui sont presque invincibles depuis leur victoire contre…. Rouen, juste avant le Challenge de France. Ces 6 matches pourraient vite tourner à la catastrophe si le groupe ne réagit pas et ne prend pas conscience de l’urgence. 

Car oui, ce week-end, c’est l’urgence. Urgence de gagner deux fois pour tenter de se rassurer. Urgence que les leaders produisent au niveau où ils sont attendus. Urgence que l’exécution soit correcte, que les fondamentaux soient respectés. Urgence de voir apparaitre un véritable état d’esprit collectif. Urgence de pratiquement se mettre en mode play-offs et de ne plus rien relâcher jusqu’à l’ultime retrait de la dernière manche. Urgence de ressembler aux Huskies, en quelque sorte.

Alors les rouennais seraient bien inspirés de ne pas traîner en route ce week-end. Oui, c’est la lanterne rouge qui se déplace, une équipe de Metz qui n’arrive pas à s’en sortir et qui a vu ses colocataires du bas de classement, Béziers puis Savigny, se mettre à gagner tandis que les Cometz restaient au point mort. Mais ce serait une erreur fatale que d’imaginer que les deux victoires vont tomber toutes cuites dans les pattes des Huskies. D’abord parce que rien n’est simple pour eux cette saison. Ensuite parce qu’ils ont rarement la partie facile contre Metz ces derniers temps. Enfin parce qu’il y a beaucoup d’interrogations qui demeurent sur le niveau réel de cette équipe. On peut notamment se demander ce que font les trois étrangers, Flood, Martinez et McKenzie, qui, sur les 4 derniers matches, frappent collectivement pour .209. Ce n’est pas pour ça qu’ils ont été recrutés. Et dans les moments difficiles, ce sont les meilleurs qui doivent être les meilleurs, pour reprendre une antienne sportive.

On va donc espérer que les leçons du double revers à La Rochelle ont été retenues, et que Rouen va repartir du bon pied. On l’avait espéré après l’élimination au 1er tour du Challenge, après la série de trois défaites consécutives en Championnat, après l’échec en ½ finale de la Coupe d’Europe. Sans vraiment voir grand-chose. Cela fait beaucoup de cartouches grillées. On a hâte de voir s’il reste encore un peu de poudre dans le canon



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