Le temps est venu

Avec une fin de calendrier au couteau, les Huskies vont pouvoir montrer toutes leurs qualités et attaquer les play-offs en mode patron. Première étape ce week-end à Toulouse.

« Il faut passer en mode play-offs ». Relativement contrarié après la double défaite à La Rochelle, le président des Huskies, Pierre-Yves Rolland, a passé le message à son équipe. Fini le temps des hésitations et des performances en dent de scie, c’est le moment d’élever son intensité et son niveau de jeu. Par le passé, il est arrivé que les Huskies flânent un peu en route (8 défaites en 2011, 9 en 2018, ils en sont à 7 en 2025), puis se réveillent brutalement et détruisent tout sur leur passage. C’est exactement ce qu’attend leur président.

Ont-ils vraiment commencé cette mue contre les Cometz ? Pas tout à fait, mais l’essentiel fut acquis, une double victoire. Mais, désormais, les Huskies sont en plein play-offs. Les trois prochains affrontements auront tous des allures de potentielle demi-finale : le 3è, Toulouse, pour commencer, le leader, Montpellier, pour suivre et le 4è, Savigny, pour conclure. Comme on le dit dans le monde du sport, les play-offs, c’est le moment où on sépare les hommes des enfants. C’est donc dès ce week-end qu’on va voir si les Huskies sont passé à l’âge adulte.

Il y a certes des raisons d’y croire, d’être « positif » comme le répète coach Becquey, qui veut ancrer cette mentalité dans l’esprit de ses joueurs et de ceux qui suivent les performances de son club. On l’a déjà écrit, les statistiques collectives sont toutes très favorables aux rouennais. Rouen est 1er ou 2èmedans ce qui compte, même si on constate un très léger décrochage au profit des Barracudas. Mais cela se joue à quelques centièmes de pourcentage dans la plupart du temps. Même si Montpellier fait forte impression, les chiffres disent clairement que les deux formations sont au coude-à-coude. Et ce qui est rassurant, c’est que Rouen a une nette marge de progression, que la machine ne donne pas encore tout son plein potentiel. Il ne faut pas grand-chose pour que les planètes soient parfaitement alignées. Il manque quelques meilleures performances individuelles, oh pas grand-chose, juste un peu plus d’opportunisme et de sérénité. Mais on sent, par moment, le frémissement qui annonce les grandes victoires.

Ce  « mode play-offs » évoqué plus haut s’est fait sentir dans le line-up des Huskies contre Metz, qui ressemblait comme un frère à celui de l’an passé, avec notamment les trois frappeurs imports positionnés en début d’alignement, mais aussi le retour de Louis Brainville derrière le marbre, le passage de MacKenzie en 3è base, et une volonté de ne plus trop toucher à cet édifice, pour le consolider et lui donner les bases nécessaires pour résister à la pression de la fin de saison.

C’est donc un premier test très important que les rouennais vont passer aux Argoulets. Les Huskies sont plutôt à l’aise face aux toulousains ces derniers temps. Sur les deux dernières saisons, ils ont remporté 8 de leurs 9 derniers matches face au Stade. Mais celui-ci est aussi, semble-t-il, passé en mode play-offs. Ils ont notamment trouvé une solution intéressante au pitching, en désignant Garcia-Delgado et Saumande comme starters, avec de ce fait une relève très solide où se succèdent les Laot, Garcia-Martinez et Rojas. Ils ont aussi retrouvé la quasi-totalité de leur effectif, avec le retour d’un Ariel Soriano qui a fait parler la poudre contre La Rochelle.  On connait l’excellent mélange des genres des toulousains, qui s’appuient sur l’expérience de solides vétérans (l’excellent Mendoza, toujours aussi dangereux en tête) et la fouge de la nouvelle génération. 

Face à cet adversaire qui, lui aussi, pense aux séries, les Huskies pourront s’appuyer sur leurs joueurs en forme comme Bert (.395 depuis le challenge de France), Brainville (.309, .500 à ses 4 derniers matches), Flood (.387), Harrison (.435), et attendre le réveil de MacKenzie et Martinez, qui doivent absolument en donner plus, et qui en ont les moyens. La vitesse reste l’atout numéro des Huskies, qui ont volé 31 bases à leurs 7 derniers matches, , de même que la patience, avec pas moins de 43 buts sur balles soutirés pendant la même période. Personne n’a fait aussi bien. Le pitching est emmené par un Bellina qui fait le travail, un Prioul qui retrouve petit à petit ses sensations, et un bullpen de premier ordre avec Magnier, Mercadier et Laval-Quesney.  Enfin, la défense, qui est toujours aussi dominatrice à Rouen (encore 0 erreur le week-end dernier, 3 au total sur toute la saison) doit se comporter aussi bien loin du confort du terrain Pierre-Rolland (32 erreurs en 12 matches). 

Alors que le sprint final approche, pour bien mesurer l’état des forces, on a regardé le classement, toujours depuis le challenge de France, avec, dans l’ordre, les victoires, les défaites, la différence de points, le batting average et la moyenne de points mérités. Il se trouve que Toulouse fait mieux que Rouen. Non, décidément, ce ne sera pas simple pour les Huskies ce week-end. Le mode de play-offs devra plus que jamais être activé : 1. Montpellier 8-1 (+ 48, .353, 2,22), 2. Savigny 8-2 (+45, .315, 3,30), 3. Toulouse 7-3 (-2, .234, 4,13), 4. Rouen 6-4 (+ 31, .278, 3,45), 5.Béziers 4-6 (-14, .347, 7,12), 6. Sénart 3-7 (-38, .209, 6,04), 7. La Rochelle 2-8 (-35, .183, 5,75), 8. Metz 1-8 (-35, .205, 5,42). 



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