Il est temps de sourire

Après l’affrontement magnifique contre Montpellier, Rouen se retrouve face à un autre adversaire aux ambitions affirmées, Savigny. Un nouveau test majeur pour confirmer les bonnes disposition entrevues le week-end dernier.

À quoi peut tenir une saison ? Un mauvais grip sur une balle, un geste précipité, un manque de lucidité… Si l’arrêt-court des Barracudas, Flores, avait transformé ce qui paraissait être un double-jeu de routine en fin de 13è manche, après 4h30 de jeu, nous en serions peut-être à digresser encore sur l’incapacité des Huskies à tenir un résultat, s’inquiéter de leur manque d’opportunisme dans les situations importantes, à constater que le départ de Bellina laisse un trou béant. Mais voilà, Flores a envoyé la balle dans la clôture derrière la 1ère base, deux points sont venus marquer, et Rouen a renversé Montpellier, en confirmant ce succès du bout du monde par une solide victoire le lendemain. Et voilà les Huskies à égalité avec les Barracudas, ce qui ne semblait pas gagné voilà quelques semaines. Et voilà surtout les Huskies avec un très gros plein de confiance, le sourire revenu aux lèvres, après une saison qui fut parfois délicate. Après tout, voire s’incliner Montpellier deux fois de suite, cela n’était pas arrivé depuis la première journée et un double succès des Boucaniers. 

Il ne faudrait pas s’arrêter simplement à la fin de match, et au fait qu’elle aurait pu mal tourner. Après tout, forcer l’adversaire à commettre une erreur sous pression, cela fait partie du jeu. Et surtout, il y a beaucoup de points positifs à retenir. À la frappe, Brainville, Flood, Harrison, ont continué tout le week-end à confirmer qu’ils sont les principaux animateurs de l’offensive rouennais. Mais ils ont reçu le soutien non négligeable de Mac Kenzie, qui ne s’est pas contenté d’accumuler les buts-sur-balles (26, il est premier) et les buts volés (19, il est premier), ce qui est excellent pour un premier frappeur, mais qui a aussi produit des points, ce qui était son point faible depuis plusieurs semaines. Et Martinez, qui ne faisait pas grand-chose, est allé chercher, après 2 retraits et avec 2 prises contre lui, un double plus qu’important pour créer l’égalité en 12è manche. Coach Becquey, lui, a adoré voir son équipe passer son week-end à frapper au champ opposé (10 retraits au champ droit), ce qu’il martèle comme stratégie gagnante depuis le début de saison. 

Et au monticule, tout le monde a fait son travail avec brio : Laval-Quesney a été solide pendant trois manches, Livian a assuré une bonne relève, Mercadier a tenu le fort dans des situations plus que délicates, Prioul a franchi le cap des six manches pour la 1ère fois et Magnien a envoyé un nouveau message au sélectionneur de l’équipe de France U23, pour lui dire que sa place était dans l’équipe. Et comme la défense reste très solide (à l’image des trois doubles-jeux tournés dimanche), on est en train de se dire que les Huskies sont en train d’approcher tout doucement leur pic de forme. 

Rouen aurait tort de croire que le plus dur est fait : car ce sont des Lions morts de faim qui vont se présenter dimanche au terrain Pierre-Rolland. Des Lions qui ressemblaient à des chats d’appartement en début de saison, et qui se trouvaient à lutter pour la dernière place avec Metz et Béziers. Et puis ilsse sont mis à retrouver leurs griffes et leurs rugissements. Tout a commencé le 4 mai  par une victoire contre… Rouen, alors que leur fiche était 2-9, avec un pitching à l’agonie (6,16 de ERA) et une attaque ordinaire (.249). Quelques jours plus tard, Savigny renversait tout sur son passage au Challenge de France, remportant son premier titre depuis 2005. Avec l’arrivée d’un Pena intraitable au monticule, le réveil d’Acuna, bien en-dessous jusqu’alors de ses performances habituelles, la révélation de Nunez, l’un des meilleurs frappeurs du championnat, la solidité des Amoros, Coste, Orozco, Planes, Savigny allait embrayer en remportant 9 de ses 11 derniers matches, pendant lesquelles l’ERA fut de 3,42 et le batting average de .309. Savigny se positionnait alors comme un véritable épouvantail pour les play-offs, mais deux défaites face à Montpellier et Toulouse, cumulées avec le retour en force de La Rochelle et la solidité du Stade toulousain, ont compliqué la donne. Savigny doit absolument gagner pour figurer dans le top-4, et va tout faire pour compliquer la dernière journée des Huskies. C’est parfait : des affrontements tendus, de haut niveau, avec enjeu, c’est tout ce que Rouen veut.

Car il y aura aussi un enjeu pour les Huskies : espérer que Montpellier trébuche, prendre les deux matches, et s’emparer de la 1ère place du classement. Il faudra faire mieux que les Barracudas, car si ceux-ci obtiennent le même résultat que Rouen, ils garderont la première place, grâce au départage des points, et ce 8-1 du match aller. Les 6 points marqués en 2è manche ce-jour là par les hommes de coach Smith s’avèrent désormais. Ce qui démontre bien que tout compte pendant une saison, et qu’il ne faut jamais rien lâcher. Ce sera encore plus vrai dans quelques semaines, pour les demi-finales. Mais cette leçon, les Huskies la connaissent bien.



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