L’été sera chaud

C’est la rentrée pour la D1. Au plus chaud de l’été, en plein cœur des vacances, voilà les play-offs qui s’annoncent. Rouen part à la défense de son titre face à des toulousains qui n’ont rien à perdre.

C’est toujours chaud, une demi-finale. Cela le sera encore plus ce samedi avec des 38 degrés annoncés sur Toulouse, et même si le play-ball a été repoussé à 17h30, le mercure sera encore extrêmement élevé. La météo sera évidement un facteur, quant à savoir s’il elle avantagera l’un ou l’autre, c’est impossible à dire. Ce qui est certain, c’est que les équipes qui resteront le moins longtemps sur le terrain en défense auront un petit avantage. Une manche de 20 minutes sous le soleil en début de match, voilà qui peut laisser des traces. 
Mais laissons la canicule de côté pour se concentrer sur l’affrontement entre le Stade et les Huskies, réédition de 2024, qui avait vu les rouennais s’en sortir de peine et de misère dans le match 1 avant de dérouler par la suite. 

On connait les forces
et faiblesses des Huskies

Les Huskies 2025  n’ont plus grand-chose à voir avec ceux de 2024. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne pourront pas balayer leur adversaire, mais que rien ne semble vraiment être facile pour eux cette saison. Ce fut même poussif pendant quelques matches, avant une bonne gestion de la fin de calendrier et une belle série de 5 victoires consécutives, le type de tendance toujours positif pour finir l’année.

On connait les forces et faiblesses des Huskies : ils courent beaucoup (74 bases volées, 2è plus haut total derrière Savigny), mais parfois un peu n’importe comment (20 retraits en tentative de vol, le chiffre le plus élevé). Ils sont assez disciplinés au bâton (142 BB, numéro 1 à ce chapitre), mais ils sont l’équipe qui s’élance le plus souvent, et de loin, sur le 1er pitch. Ils ont la meilleure défense du championnat, mais sont faibles sur les bases volées contre eux. Ils lancent beaucoup de strike-outs (8,75 / 9 manches, 2è meilleure performance) mais concèdent beaucoup de wild-pitches (31). Tout cela pour dire que Rouen est une équipe très inconstante, presque bipolaire. Quand tout va bien, elle est au-dessus du lot, quand elle se met à bafouiller, elle peut perdre des matches facilement à sa portée. La fiche de 1 victoire et 4 défaites dans les matches joués par un point démontre que Rouen n’arrive pas toujours à maîtriser ses émotions et ses fins de matches. 

Les Huskies devront donc compter sur une production de tout leur line-up, pas seulement des Harrison et Brainville, qui dominent cette saison, mais aussi d’un MacKenzie, qui, s’il est 5è en one-base-percentage, n’est que 29è en batting average, ou d’un Martinez, qui doit être capable de produire avec plus de régularité. Après, l’expérience d’un Bert, la puissance d’un Dagneau, la solidité d’un Blondel, la vitesse d’un Flood sont autant d’armes à la disposition de coach Becquey, qui n’a toujours pas perdu un match de play-offs. Le pitching rouennais, orphelin de Bellina, s’appuie désormais sur un schéma classique avec Laval-Quesnay et Prioul comme partant, Magnien et Livian comme premiers releveurs et Mercadier pour finir le travail quand la situation devient compliquée. Ce n’est pas parfait, ce n’est pas aussi fort que la saison dernière par exemple, mais le retour d’Esposito, au moins pour la demi-finale, va apporter des solutions supplémentaires. Les dieux du baseball faisant bien les choses, c’est donc contre son ancienne équipe qu’il effectuera ses premiers lancers sous les couleurs de Rouen… 

A Toulouse, des décisions de management qui changent tout

La saison toulousaine n’a pas été sans heurts : des blessures à répétition (Rojas, Cegileksi, A.Soriano pour n’en citer que quelques-unes) sont venues compliquer la tâche. Après un début assez correct, 3 victoires de suite, puis 4 en 6 matches, les toulousains ont connu un petit trou d’air, 3 victoires en 9 matches. Des décisions de management ont alors changé l’allure de la saison, avec la titularisation comme lanceur partant de Saumande au détriment de Laot, déplacé en relève. Ajouté au retour de Rojas, lui aussi exclusivement utilisé dans le bullpen, alors que le closer de l’année dernière Garcia-Delgado, se retrouvait lanceur partant, ajouté à quelques sorties remarquables d’Euri Garcia-Martinez, c’est toute la rotation des toulousains qui s’est trouvé boostée. La moyenne de points méritée est ainsi passée de 5,98 sur les 15 premiers matches de la saison à 4,02 sur les 12 derniers, les résultats ont suivi (10 victoires – 6 défaites avant la dernière journée et un échec face aux Barracudas), et voici les toulousains à la 3è place du classement. En attaque, Mendoza reste le danger principal, un frappeur toujours aussi régulier, productif et dangereux. A.Soriano le complète parfaitement et les Huskies ont payé pour savoir qu’un Delogu (et son walf-off HR de trois points le 5 juillet) ou leur vieille connaissance Velazco ne sont pas à prendre à la légère. On connait aussi le talent de Baisse-Depontieu, auteur d’une remarquable saison, même s’il a un peu ralenti en fin d’exercice, Cegielski (qui s’est offert un festin de 4 bases volées contre Rouen). Le line-up de Toulouse reste difficile à traverser, alors qu’on peut identifier toutefois quelques petits points faibles comme Feliu (.145, 28 K), Perez (.135, seulement 2 hits après les 3 frappés lors de la première journée), mais leur extrême jeunesse excuse ces statistiques. 

Montpellier/La Rochelle, avantage Barracudas ?

Pendant ce temps, un Montpellier – La Rochelle s’annonce lui aussi plein d’incertitudes. Les Barracudas ont les faveurs du pronostic, même si être champion de la saison régulière ne garantit rien, surtout en raison de leur extrême solidité à domicile, où ils sont invaincus. Avec une attaque très complète, au sein de laquelle Brossier et Flores peuvent faire la différence à tout moment, un pitching où les partants (dont Vera, sans doute le meilleur lanceur de la saison) savent qu’ils peuvent s’appuyer sur une relève dominante, Montpellier présente le portrait-robot du parfait futur champion, à l’exception d’une défense qui prend parfois l’eau. Mais La Rochelle, c’est le piège parfait. Les Boucaniers sont portés par leur fin de saison (7 victoires en 8 matches) et n’oublient certainement pas qu’ils ont battu Montpellier deux fois. C’était certes il y a longtemps, lors de la toute première journée, et bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis. Mais ces victoires demeurent certainement dans la tête des hommes de Pablo Ossandon. Ils seront portés par un très fort enthousiasme, qui peut transcender lors des séries, par quelques individualités marquantes comme Pena, Johnston, De La Rosa, ou un Briones qui monte en puissance après un début de saison difficile. Le genre de série qu’on verrait bien aller jusqu’au 5è match. 



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