18 Août Retour sur un échec
Quand ils prirent les devants 5-0 en 3è manche du 1er match, les Huskies avaient tout en main pour faire la différence. Et puis tout s’est écroulé. Retour en chiffres et en faits sur ce qui a marqué le double affrontement Toulouse – Rouen.
· Avant le match de dimanche, Nathan Laot était une proie relativement facile pour les Huskies : sa fiche face aux rouennais était de 0-8, avec une moyenne de points mérités de 11,34. Le moins qu’on puisse dire est qu’il a jeté aux orties ce douloureux passé avec sa deuxième meilleure sortie de la saison : 6 manches, 2 points mérités, seulement 4 hits (il avait connu un superbe match de 8 manches, 1 point mérité, 8K contre Sénart). Et même s’il n’a lancé que 55 % de prises (contre 66 % en saison), il a parfaitement maîtrisé l’attaque rouennaise. Après une saison difficile (2-7, 7,63), il a sorti le bon match au bon moment.
· Comme souvent cette saison, les Huskies ont été très généreux. Sur bases, notamment. Certes, c’est bien d’en avoir volé cinq, mais les deux retraits en tentative de vol et le coureur coupé au marbre, c’est beaucoup trop dans des matches qui se jouent à un ou deux points. Puisqu’on parle de vols de base, Toulouse en a réussi 7 sur 8, confirmant les lacunes entrevues du côté de Rouen en saison régulière (12 % de coureurs coupés, 7è plus bas total). La défense, aussi, a craqué avec 5 erreurs (le 3è plus haut total dans un programme double cette saison après les 8 à Béziers et La Rochelle), et les deux commises dans la 3è manche du 1er match, après la poussée de 5 points, ont sans aucun doute changé la face de la série. Mais le problème principal des rouennais a été le premier frappeur toulousain de chaque manche : il s’est rendu sur les sentiers 12 fois sur 16 (5 simples, 1 home-run, 5 buts-sur-balles, 1 erreur). C’est beaucoup trop, et cela donne des armes et des stratégies à l’adversaire.
· L’efficacité a été toulousaine. Le stade a mis beaucoup plus de coureurs en position de marquer (30 contre 20) et a mieux frappé dans les circonstances : .300 contre .250. Les toulousains ont été meilleurs dans tous les domaines : .364 en « last inning pressure situation » contre .059, .300 en « high leverage at bat » (situation de haut intensité) contre .091. Ils ont mieux frappé avec deux retraits (.222 contre .143) et avec deux prises (.208 contre .143). Sur une stat avancée comme le Win Probability Added (qui mesure la contribution des joueurs aux chances de victoire de leur équipe), Toulouse a fini collectivement à +0,41 contre – 0,72 pour les Huskies. Bref, Toulouse a été meilleur dans les moments chauds.
Quand ils ont pris les devants 5-0 en 3è manche, avec 1 retrait et coureur en 2è base, les Huskies avaient 86,7 % de probabilités de gagner le match.
· Si le bas de line-up des Huskies a fait son travail (.286 de moyenne pour les frappeurs 7-8-9 contre .222), ce fut beaucoup plus pénible pour les frappeurs 1-2-3 qui ont terminé avec .174 (contre .360 pour Toulouse) et pour le cœur de l’alignement (.200 contre .333).
· Keivy Rojas s’est blessé lors du match aller à Rouen, sorti après seulement 2 retraits. Résultat, une indisponibilité d’un peu plus d’un mois. Depuis son retour, il a été très dominant et l’a encore confirmé ce week-end, avec 2 sauvetages et aucun hit donné en 4 manches. Les Huskies seront bien inspirés de ne pas être menés en fin de match le week-end prochain.
· Tous les frappeurs toulousains ont frappé au moins un hit. Du côté des Huskies, seul Joris Bert (0 en 8) est resté muet. Louis Brainville, qui a frappé 2 hits, a confirmé qu’il se sent à l’aise contre Toulouse (.359 en carrière). Il est sur une série de 12 matches consécutifs avec au moins un coup-sûr. Ariel Soriano a frappé son 4è circuit contre les Huskies), il frappe pour .321 contre Rouen en carrière. Mais le héros offensif a été Éloi Baisse-Depontieu, qui, après une très belle saison de .300, a frappé 4 hits et marqué 4 points, signant le meilleur WPA des demi-finales avec +0,21.
· Gerwuins Velazco est invaincu en demi-finale : il a remporté trois matches avec les Huskies en 2018 et 2 avec Toulouse en 2025. Il est même, d’ailleurs, invaincu en play-offs, où il frappe 10 en 20.
· Quand ils ont pris les devants 5-0 en 3è manche, avec 1 retrait et coureur en 2è base, les Huskies avaient 86,7 % de probabilités de gagner le match.
· Les 25 dernières fois qu’une équipe menait 2-0 dans une série (finale, demi-finale, maintien, barrage), elle a remporté la série. La dernière fois qu’un renversement s’est produit, c’était lors de la finale 2011, alors que Montpellier s’était imposé 2-0 à Veyrassi avant de perdre les 3 matches suivants à l’extérieur. Ah oui, au fait, c’était contre les Huskies.