22 Août Une histoire d’évidences
Qu’y a-t-il de plus beau que d’être dos au mur et de devoir tout donner ? C’est dans ces circonstances que les équipes, les individus, se révèlent. Aux Huskies de jouer face à des Toulousains qui, eux, sont déjà à la hauteur de l’évènement.
En perdant deux matches qu’ils auraient tout aussi bien pu gagner le week-end dernier à Toulouse, les Huskies se sont fait un très beau cadeau : ils se sont mis dans la position de se sublimer, de réussir une performance dont on parlera longtemps, de montrer toute leur valeur, tout leur potentiel. De vivre des moments dont ils se souviendront longtemps. Un retournement de 0-2 à 3-2, ça n’arrive pas tous les jours. Y parvenir donnerait un certain souffle à une édition 2025 qui peine à convaincre. Échouer conduirait à se poser de nombreuses questions.
Il y a beaucoup d’évidences qui viennent en tête avant le rendez-vous de ce week-end. La première est que le match de samedi est capital. Par la force des choses, puisque si Toulouse gagne, tout s’arrête là pour les Rouennais. Mais aussi parce qu’en gagnant ce match, les Huskies se mettraient dans la position d’avoir à balayer un programme double le dimanche, ce qui ne parait plus hors de leur portée.
Une autre évidence est que le pitching va jouer un rôle capital. Les Huskies auront besoin que leurs lanceurs partants puissent aller loin dans le match, parce qu’ils ont 27 manches à lancer et que leur bullpen n’est pas des plus garnis. Six lanceurs (Esposito, Laval-Quesney, Livian, Mercadier, Prioul et Magnien) pour 27 manches, chacun devra en donner entre 5 et 6 pour parvenir au but. Ce sera un des travaux d’équilibriste que devra effectuer coach Becquey ce week-end. Tout donner pour gagner le match de samedi, en ayant en tête qu’il y a deux autres rencontres à remporter et donc des bras à sauvegarder.
On continue avec les évidences ? Un des vieux mantras du sport surgit alors : les meilleurs devront être les meilleurs. Autrement dit, c’est aux leaders de montrer l’exemple. En premier lieu, des joueurs d’expérience, qui en ont vu d’autres, qui ont été recrutés pour produire : MacKenzie et Flood. On ne peut pas se contenter d’un 3 en 16, comme le week-end dernier, de ces deux joueurs. Ils doivent aller sur les sentiers, faire parler leur vitesse, être productifs avec des coureurs sur base. Ils doivent donner l’exemple et entraîner leurs équipiers avec eux. Alors les Brainville (qui est le patron offensif des Huskies depuis plusieurs matches), Dagneau (que Toulouse a semble-t-il, soigneusement évité d’affronter dans le match 2, 3 buts sur balles), Harrison (qui a raté ses matches aller, mais reste une valeur sûre), ne seront plus seuls et le danger viendra de partout. Alors on ne sera pas obligé de se reposer sur un Lebouc ou un Viger, qui ont fait leur travail samedi dernier (4 en 11) pour espérer tenir le choc. Alors un Bert ou un Blondel (0 en 10) pourront se remettre en marche. Et si tout le line-up rouennais se met simplement à jouer à son niveau, les quelques coups-sûrs qui ont manqué aux Argoulets se feront certainement entendre à Pierre-Rolland.
Dernière évidence, dans ce genre de match, il ne faut rien donner à l’adversaire. Tous les jeux doivent être simplement exécutés : ne pas donner de base supplémentaire et ne pas se faire retirer pour rien. C’est aussi simple que ça, et cela suffit très souvent pour gagner des matches importants.
Mais il y a une dernière évidence, sans doute la plus importante. C’est bien beau de lister ce que Rouen doit faire pour gagner. Mais, en face, il y a une équipe qui a exactement réalisé tout cela la semaine dernière, et dont on ne voit pas pourquoi son niveau baisserait d’un cran. Le pitching qui joue un rôle capital ? Laot a sorti son meilleur match en carrière contre Rouen, Rojas a été impitoyable en relève, les deux Garcia (Delgado et Martinez) ont fait ce qu’il fallait au bon moment. Les meilleurs qui sont les meilleurs ? 7 RBI pour Soriano et Mendoza. Rien donner à l’adversaire ? Une seule erreur, un seul retrait en tentative de vol, 3 amortis sacrifice. Toulouse a récité son baseball, et se retrouve dans une position idéale. Il lui suffit de rééditer la même performance, de faire douter son adversaire, d’appuyer là où ça fait mal. Et rien de grave ne pourra arriver aux Toulousains.
C’est ce qui rend le défi encore plus excitant. Les Huskies doivent à leurs supporters, à leurs bénévoles, à leurs dirigeants, et encore plus, ils se doivent à eux-mêmes de tout donner, de tout renverser. On attend samedi avec impatience. Quelque chose de beau va se produire. Ça aussi, c’est une évidence.