03 Sep Finale: Pour tout comprendre
Qu’est-ce-qui peut faire basculer la finale entre Rouen et Montpellier ? Les statistiques peuvent, peut-être, aider à mieux comprendre ce qui va se passer dans les deux prochains week-ends, à Veyrassi et à Pierre-Rolland.
(NDLR : les statistiques ne recouvrent que la saison régulière, pour plus d’équilibre)
Des places fortes
L’avantage du terrain est toujours un élément extrêmement important en play-offs. C’est encore plus vrai cette saison, tant les deux équipes dominent à la maison : 14-0 pour Montpellier, 13-1 pour Rouen. La seule défaite des Huskies est survenue contre La Rochelle, un match marqué par une très mauvaise manche au monticule (8 points concédés). La domination des montpelliérains chez eux se retrouve dans les performances individuelles : les deux dynamiteros de l’attaque de Montpellier, Flores et Brossier, sont ainsi inarrétables chez eux : .471 de moyenne pour le vénézuelien, un OPS monstrueux de 1.382, 18 RBI et un seul strike-out. C’est du même tonneau pour le champ centre : .407, 1.154, 13 RBI. Même tendance au pitching : Vera semble imbattable à la maison : 8 départs, 8 victoires, une moyenne de points mérités de 0,56, un batting average de .181, un whip de 0,79.
Comme Montpellier jouera trois fois à domicile, est-ce à dire que la finale est terminée, et s’achèvera sur une victoire 3-2 des Barracudas ? Pas forcément, car Rouen n’est pas totalement démuni à l’extérieur. Ils sont la seule équipe à ne pas être en dessous de .500, avec leur fiche de 7-7. Et surtout, leurs statistiques home / away sont assez proches : .296 de moyenne, .781 d’OPS, 3,00 de ERA contre .285, .775, 3,60. Pour Montpellier (6-8 à l’extérieur), en revanche, le delta est très important : .345, .918, 2,25 contre .277, .726 et 4,49. Ce qui peut laisser penser que si une équipe peut parvenir à aller chercher cette victoire qui pourrait être décisive à l’extérieur, c’est plus Rouen, dont le niveau est plus constant.
Faire la décision
Ce sont dans les moments clés que se gagne une finale : dans les dernières manches, quand il faut être clutch, quand la pression fait perdre de la lucidité. Les deux équipes savent gérer ces moments.
Avec un coureur en 3e base et moins de 2 retraits, les Barracudas ont frappé pour .378 (avec un remarquable OPS de 1.000) et produits 62 points, mais les Huskies font mieux, .413, 67 RBI, 1146 OPS.
En last inning pressure situation (at bat en 7e manche et plus tard, quand une équipe soit mène d’un point, soit tire de l’arrière de 3 points ou moins, ou qu’il y a égalité), Montpellier frappe pour .288, avec un OPS de .713, Rouen pour .258 avec un OPS de .739. Les meilleurs sont Brossier 5 en 13, Flores 6 en 17, Rodriguez 5 en 15, Flood 4 en 8, Harrison 4 en 7, Brainville 4 en 12.
En High Leverage (qui quantifie les at-bats selon leur importance dans l’évolution d’un match), Montpellier frappe pour .302 avec un OPS de .742, Rouen pour .322 avec un OPS de .829. Dans cette situation, il faut compter sur Doat 7 en 20, Flores 7 en 13 (12 RBI), Brossier 7 en 18 (9 RBI), Guiraud 7 en 19, Harrison 7 en 17 (12 RBI), Brainville 6 en 17, Mc Kenzie 4 en 9, Lebouc 8 en 21 (8 RBI).
Avec des coureurs en position de marquer, Montpellier frappe pour .321 / .733 et Rouen pour .298 / .777. Avec deux retraits, Montpellier est à .276 / .716 et Rouen à .263 / .705. Avec deux prises, les frappeurs des Barracudas frappent pour .197 (.375 pour Brossier) et ceux de Rouen pour .187 (.333 pour Harrison).
Montpellier semble donc plus efficace quand il s’agit de conclure, Rouen se montrant parfois plus patient. Ce qui est étonnant c’est que la plus mauvaise manche des Barracudas est la 8e (différentiel de -5) et la 9e pour les Huskies (-5)
L’heure des bras
Evidemment, the name of the game is pitching, et plus encore en play-offs. Il faut rappeler la règle des JFL : dans le 1er week-end, c’est comme une journée régulière de championnat, c’est-à-dire un start JFL et 7 manches obligatoires. Dans le 2e week-end, qui compte potentiellement trois matches, c’est beaucoup moins strict : un seul départ JFL et 10 manches. Ce qui peut tourner à l’avantage des Barracudas, qui auront plus de latitude dans la gestion de leur bullpen et notamment d’Owen Ozanich et Quinonez. Pour Rouen, qui ne compte qu’un seul bras non-JFL, celui de Livian, cela ne change rien.
Pour Montpellier, il n’y aura sans doute pas de surprise : Vera va démarrer le premier match, fort de sa saison exceptionnelle, et Polit devrait starter le n°2. Pour la relève, Cros, Brossier, voir Pontiac s’il est remis de ses blessures, pourront rendre des services, mais il est fort probable que Ozanich et Quinonez seront les deux hommes de confiance.
C’est plus flou du côté des Huskies, qui ont aligné 4 starters différents dans leurs quatre derniers matches. Mercadier, dominant avec ses 9 manches dans le match n°5 contre Toulouse, pourrait être appelé, mais il a été souvent l’homme de confiance de coach Becquey en relève.
À noter que le bullpen rouennais a été plus performant cette saison, grâce notamment à l’éclosion de Magnien : 2,38 de ERA, 134 K en 119 manches contre 3,15 et 128 K en 120 manches pour Montpellier.
En enlevant les lanceurs absents (Bellina, Gore du côté de Rouen, Couvreur chez les Barracudas), le pitching de Montpellier a un certain avantage : ERA 2,95 / 3,91 ; BAA .237 / .225 ; OPS .650 / .654 ; K % 22,2 % / 23,1 % ; BB % 8,1 % / 13,5 % ; FIP 3,86 / 4,56.
Les hommes en forme
Montpellier : Brossier : .405 dans ses 9 derniers matches ; Doat : 0 strike-out depuis 52 at-bat ; Flores, 15 matches de suite avec au moins un hit, .468, 1262 OPS, 21 RBI ; Monks : .409 dans ses 5 derniers matches ; Quinonez 0ER en 9,1 IP
Rouen : Bert 5 en 10 ; Brainville : a frappé en lieu sûr dans 14 de ses 15 derniers matches (.349, 16 RBI) ; Harrison .342 dans ses 11 derniers matches ; MacKenzie 7 bases volées dans ses 5 derniers matches ; Mercadier 22K en 22,2 IP
Prendre les devants
Marque le 1er point : Montpellier 19-4, Rouen 11-5,
Mène après 6 manches : Montpellier 21-0, Rouen 21-3
Le facteur X
Ce que les équipes devront éviter à tout prix…
Du côté de Montpellier, c’est le relâchement défensif qui peut parfois faire mal. On se souvient des matches de 8 erreurs contre La Rochelle, de 6 contre Sénart, de 4 contre Toulouse, de 5 contre Savigny, de 4 contre Rouen. Montpellier a le 4e fielding percentage, mais le 2e ratio d’efficacité. Il faut reconnaître que ce qui a coûté cher aux Barracudas, ce sont les nombreux changements de line-up : on a vu défiler 7 joueurs en 1ère base, 9 en 2e base, 8 en 3e base, 14 au champ gauche… Pas facile de trouver ses marques, mais avec un effectif plus stable, il est probable que la défense sera plus solide.
À Rouen, c’est la course qui doit faire la différence. Et ce ne sera pas facile, car le catching des Barracudas est extrêmement efficace. Mais avec 20 coureurs retirés en tentative de vol, le total le plus élevé de la saison, et donc un taux de réussite assez faible de 78,7 % (le 6e de la saison, contre les 83,4 % de la saison). Les Huskies n’avaient volé qu’une base lors des 3 derniers matches de la saison, ils ont retrouvé leur allant en demi-finale (13 bases volées, mais 3 retraits). Ils ont volé 10 bases en 14 tentatives dans les 5 matches contre Montpellier (dont 7 par le seul MacKenzie), pour un taux de 71,4 %. Il faudra faire mieux.