06 Sep La magie d’une finale
Huskies – Barracudas, c’est un choc qui sent la poudre. Dans lequel les Rouennais devront être à leur meilleur pour faire courber l’échine à une équipe de Montpellier qui semble en mission.
C’était il y a 24 semaines. La première journée de la saison. Rouen balayait sans vraiment convaincre le promu biterrois. Montpellier se faisait battre deux fois à La Rochelle. Ce n’était pas évident d’imaginer alors que ces deux équipes allaient se retrouver en finale. Preuve supplémentaire que la vérité de mars est rarement celle de septembre. Mais en tout cas, on ne regrette pas que Huskies et Barracudas aient pris les commandes du championnat. Car c’est une des finales les plus excitantes de ces dernières années qui débute cet après-midi au terrain Pierre-Rolland (16 h.). Un bras de fer chargé d’incertitude, qui pourrait donner un spectacle de très haute qualité.
Montpellier en avance
Pour l’instant, Montpellier a fait un petit peu mieux que Rouen : ½ finaliste du Challenge alors que Rouen ne passait pas le premier tour, finaliste de la Coupe d’Europe, après avoir éliminé Rouen en ½ finale, 1er du championnat, avec la même fiche que les Huskies mais un départage légèrement supérieur, cette 2ème manche de 6 points encaissés par les rouennais lors du 1er affrontement de la saison entre les deux équipes à coûté très cher aux Huskies. Quand on regarde les statistiques de la saison régulière, Montpellier est aussi légèrement devant un peu partout. Individuellement aussi, les Barracudas semblent au-dessus. Les quatre meilleurs frappeurs sudistes (Flores, Brossier, Kovacs, Doat) dominent les meilleurs frappeurs rouennais dans les top-10 des principales catégories offensives. La fin de saison est du même acabit : Montpellier a certes un peu souffert, mais a fini par faire exploser La Rochelle, alors que Rouen devait sortir tout ce qu’il avait dans les poches, et même plus, pour faire plier Toulouse. D’ailleurs, sur les 10 derniers matches, les Barracudas frappent pour .352 et les Huskies pour .254.
On doit aussi tenir compte de ce fameux avantage du terrain, qui fait que la pression sera très forte sur les Huskies ce week-end. Après tout, les Barracudas peuvent se dire qu’ils vont gagner trois fois chez eux, puisque personne n’est parvenu à les faire chuter. Même pas les Huskies, quand ils menaient 5-4 en 9ème manche. Et puis il y a ce sentiment un peu diffus, qui se base uniquement sur le ressenti, qui donne l’impression que Montpellier est plus serein, plus sûr de ses forces, plus tranquille, alors que Rouen, tout au long de la saison, a semblé passer par des hauts et des bas, sans trouver la bonne formule, sans jamais faire penser que tout va bien et que la courbe de progression suit une tangente positive. Pour résumer, il semble que Montpellier n’a qu’à jouer à son niveau habituel et soulèvera la coupe, alors que Rouen devra monter tout d’un cran, et même de plusieurs, pour parvenir à s’imposer.
Les trois principes des Huskies
Alors, oui, en ce matin de finale, il est difficile pour un observateur neutre de ne pas dire que Montpellier part favori. Mais dans cette phrase, il y a un mot qui change tout. C’est le mot « finale ». On peut jeter toutes les statistiques, toutes les analyses, tous les ressentis à la poubelle. Une finale, ça ne ressemble à rien d’autre. Les Huskies sont bien placés pour le savoir, eux qui ont, parfois, réussi des renversements de situation improbables et incroyables. Il est difficile de prétendre que l’édition actuelle des Huskies possède la force morale et le talent de celles qui ont marqué l’histoire du baseball français de ce siècle. Mais elle porte le même maillot, imprégné de cette culture de la victoire, de cette certitude de gagner, de cette capacité à d’une part se transcender et d’autre part à jouer parfaitement au baseball, de tous ces intangibles qui font les champions et dont on a la faiblesse de croire qu’ils se peuvent se transmettre de génération en génération.
Cette équipe ne veut certainement pas être celle qui sera la première à perdre une finale de championnat. Cela ne se fait pas, à Rouen. Mais il serait trop réducteur de ne se fier qu’aux souvenirs pour mesurer les chances de victoire des rouennais. Ils devront surtout suivre un plan de match qui tient en trois points : exécuter, puis exécuter, et enfin exécuter. C’est-à-dire ne rien donner à l’adversaire. Montpellier est de ceux qui fait payer cash chaque relâchement, chaque petite erreur. Une mauvaise course, une défense mal positionnée pour un relai, un at-bat pas assez construit, et ce sont des chances de gagner qui s’envolent. Si on mentionne ces évidences, c’est qu’elles n’ont pas toujours été respectées cette saison. Deux chiffres le démontrent : Rouen est 1-7 dans des matches avec un point d’écart et a perdu 7 matches dans lesquels il avait pris l’avantage au score. Si cette maîtrise, ô combien essentielle, des temps forts et des temps faibles, échappe de nouveau aux rouennais, ils seront face à d’immenses difficultés. S’ils parviennent à être, si ce n’est parfaits, mais au moins exemplaires, ils auront leur chance. C’est tout l’enjeu du match de samedi, qui donnera certainement le ton. Oui, on a vraiment hâte d’y être.
Quelques faits sur les finales
12 fois sur les 22 dernières finales le vainqueur de la saison régulière (ou l’équipe avec la meilleure fiche) a remporté la finale.
Depuis 2022, la finale s’est jouée 4 fois en 3 matches, 8 fois en 4 matches et 10 fois en 5 matches
Rouen a remporté les 18 finales auquel il a participé. Pour Montpellier, c’est 4 sur 13.
Dans le premier match d’une finale, Rouen a 10 victoires et 8 défaites, mais a gagné ses 5 derniers matchs n°1
C’est la troisième finale entre Rouen et Montpellier. Les autres grands duels furent : PUC – NUC (9), Rouen – Sénart (8), Rouen – Savigny (6), Montpellier – Savigny (4), PUC – BCF (4). Les autres triples affrontements en finale ont opposé PUC – Saint Germain, Montpellier – Saint-Lô, PUC – Montpellier.