Comme un parfum de rivalité

Les Huskies démarrent la dernière ligne droite de la saison sans vraiment de certitudes. Et comble de malheur, c’est leur bête noire qui se présence ce week-end au terrain Pierre-Rolland, les Boucaniers de La Rochelle.

C’était aux Argoulets (Toulouse), le 17 mai dernier. La Rochelle tenait son premier titre dans ses mains. Plus que deux retraits à faire, et les Boucaniers allaient non seulement gagner le challenge de France mais aussi confirmer qu’ils sont bien la bête noire de leur adversaire de jour, les Huskies. Et puis les rouennais ont fait ce qu’ils font de mieux depuis si longtemps, renverser la table en profitant des moindres errements adverses et en se montrant d’une efficacité impitoyable au moment de conclure. Deux mois et demi plus tard, les deux équipes vont se retrouver face à face ce week-end (samedi 16 heures et dimanche 11 heures) pour un affrontement certes moins décisif que celui disputé à Toulouse, mais qui peut jouer un rôle déterminant dans cette lutte sans merci pour les places en play-offs. Si La Rochelle (15-9, à un match des deux leaders), a encore quelques droits à l’erreur, les Huskies (13-9, un match d’avance sur Sénart), ne peuvent plus trop griller leurs cartes, surtout avec des affrontements à venir contre les Barracudas et les Templiers.

Deux matchs qui peuvent tout changer

Les Boucaniers ne cessent de mettre de bâtons dans les roues des Huskies depuis plusieurs années. Ce fut le magnifique shutout de Nicolas Antoine en 2023 (victoire 1-0 de La Rochelle), la victoire en match décisif de poules du Challenge 2024 (le home-run de Gonzalez, le simple décisif de Briones), les deux victoires en walk-offs en 2025. Et cette année, pour ajouter un peu de piment, une petite polémique via médias interposés. On sent comme une rivalité qui commence doucement à monter entre les deux formations, portées par le fait que, depuis 2023, les Boucaniers sont l’une des rares formations à avoir une fiche positive contre Rouen : 10-8. La Rochelle semble avoir pris l’habitude de se sublimer contre les Huskies, même si ceux-ci sont encore maîtres à domicile (5-2).

La Rochelle, la saison de la confirmation

Ce sont deux équipes qui ne sont pas au même niveau de forme qui vont s’affronter ce week-end. Les Boucaniers ont les signaux au vert. Ils réalisent incontestablement la meilleure saison de leur histoire, le simple fait qu’ils totalisent déjà 15 victoires, dépassant le record de 14 signé l’an passé, en témoigne. Ce qui marche particulièrement bien, c’est la régularité. Par exemple, après une défaite, La Rochelle est 7-1, ce qui prouve la capacité de l’équipe à réagir, sa force mentale et sa confiance en elle. Il n’y a eu qu’une petite sortie de route, une double défaite face aux Lions de Savigny. Mais celle-ci fut superbement corrigée par une belle victoire contre Montpellier. On pourrait certes dire que La Rochelle reste sur une fiche de 1-3 dans ses 4 derniers matches, mais ce ne serait voir qu’une petite partie du tableau. 

Un bullpen qui verrouille les victoires

Car les Boucaniers sont très solides cette saison. Ils n’ont pas vraiment de failles. L’éclosion de Romain Krzykawiak au monticule est l’emblème de cette montée en puissance. Le gaucher, qui il y a deux saisons évoluait à Eysines, en D2, et affichait une ERA supérieure à 5, s’est imposé cette saison comme l’un des tous meilleurs du championnat. 6-2, 3,65 de ERA, 1,36 de WHIP, c’est très solide. Il n’a connu aucune vraiment mauvaise sortie, à part contre le PUC, et son dernier match contre la puissante attaque de Montpellier a été symbolique de ce qu’il est capable d’accomplir : garder l’adversaire hors d’équilibre et à frapper dans de mauvaises conditions. Il lance peu de strike-outs (12,5 %, c’est très ordinaire), mais il joue parfaitement avec la zone, et ça fonctionne. Avec lui, Franklin De La Rosa, même si son ERA grimpe au fil des saison et que les difficultés de contrôle sont toujours là, demeure un lanceur dominant, avec la capacité de s’en sortir par des K. Ces des starteurs savent qu’ils n’ont que 5 ou 6 manches à tenir. Parce que derrière, la relève fait le travail. Et plutôt très bien. Hernoux, qui est un des releveurs les plus utilisés avec 13 apparitions, est parfois en difficulté mais réussi aussi d’excellentes sorties. Mais c’est surtout le duo Paredes – Nieves qui fait écarquiller les yeux et qui rend La Rochelle pratiquement injouable en fin de match. Comme releveurs, ils présentent une ERA de 0,92, un K % de 45 % et un BAA de .193. Ce n’est pas un hasard si les Boucaniers sont 11-0 quand ils mènent après six manches. En termes de win proability added, Nieves (2,00) est le deuxième meilleur lanceur de la saison derrière Pena (2,19). 

Une offensive bien huilée

L’attaque est tout aussi intéressante. Elle propulsée par deux moteurs. Briones, le meilleur frappeur français de la saison après le Montpelliérain Brossier, qui est intenable depuis son assourdissant 9 en 12 contre Toulouse. Sur les douze derniers matches, il frappe pour .469 ! C’est la confirmation de tout le talent qu’on apercevait depuis deux saisons. L’autre meneur de l’attaque est le leader pour les RBI, Pena, qui attend avec gourmandises d’affronter les lanceurs rouennais, lui qui avait sorti deux fois la balle à l’aller, dont un retentissant grand chelem contre nul autre que Yui Taido. Mais l’attaque de La Rochelle c’est aussi Camara, une machine à produire des points, Rosell, qui connait sa meilleure saison, Hashimoto, un frappeur dangereux en permanence, les frères Esteban et leur expérience, le vétéran Crawford qui vient de sortir la balle contre Ben Couvreur, ce qui est un authentique exploit. Bref c’est très fort et très complet, même si le bas de line-up ne frappe collectivement que pour .203, au 6è rang de la D1. Et puis il y a cette propension, parfois excessive et irritante, de poser des amortis sacrifice dans toutes les situations, qui est la marque de commerce des Boucaniers depuis plusieurs saisons. La défense est un peu plus en retrait, mais elle se situe dans la plupart des catégories au milieu de tableau.

Rouen au pied du mur

Ce portrait d’une équipe en confiance montre la complexité de la tâche qui attend des rouennais qui semblent manquer cruellement de cette confiance. Cette équipe reste terriblement friable et quelques chiffres le démontrent : quand ’adversaire marque le 1er point, les Huskies sont 3-9. C’est la 7ème plus mauvaise performance. Quand les Huskies sont menés dans un match, ils n’ont que 20 % de victoires. La 6ème plus mauvaise performance. Quand ils sont en retard dans le compte, les frappeurs rouennais ne frappent que pour .170. Là aussi, c’est la 6ème place. Quand il y a 2 retraits et un coureur en 3è base, donc quand il faut chercher un gros-hit, les Huskies frappent pour .170, au 7ème rang. Dès que c’est difficile, dès qu’il faut en donner un peu plus pour renverser la vapeur, Rouen n’y arrive pas. On a le sentiment que les Huskies jouent sur les talons, n’ont pas confiance en eux. C’est d’un réveil collectif et individuel dont ils ont besoin. Selon la vieille formule, usée et abusée, les meilleurs doivent être les meilleurs quand ça compte vraiment. Et ce week-end va servir de révélateur. Tout ne sera pas écrit dimanche soir. Mais un 2-0, un 1-1 ou 0-2 en diront très long sur la capacité des rouennais à connaître une fin de saison digne de leur palmarès.

Une journée capitale dans la course aux play-offs

Rouen – La Rochelle est l’indiscutable affiche de la journée, mais ce qui se passe ailleurs ne va pas manquer d’intérêt non plus. Savigny aura l’occasion d’assurer pratiquement sa qualification en play-offs face à un PUC qui ne semble pas montrer une volonté farouche de s’en sortir. Les deux derniers matches contre Sénart ont été pénibles et les pucistes devront faire beaucoup, beaucoup mieux pour espérer inquiéter des Lions qui font de plus en plus peur.
Béziers pourrait d’ailleurs assurer définitivement son maintien contre les Templiers de Sénart, qui ne sont pas toujours à l’aise loin de leurs bases, mais qui sont lancés dans un sprint farouche pour aller chercher la 4ème place.
Enfin Toulouse jouera une de ses dernières cartes contre Montpellier. Une double victoire est impérative pour le Stade, mais les Barracudas et leur attaque de feu ne sont pas une proie facile.

Les matchs Rouen/La Rochelle seront diffusés en direct sur la page YouTube des Huskies:
Match de samedi (16h): https://www.youtube.com/watch?v=H5JWeKIeSWo
Match de dimanche (11h): 
https://www.youtube.com/watch?v=si2Nk-p-VwQ



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