Bien plus qu’un match

Duel au sommet entre des Huskies qui commencent tout doucement à se mettre en mode séries et des Barracudas sûrs de leur force et qui avancent comme un rouleau compresseur.

 

Un match au sommet, que demander de plus en plein cœur de l’été. Rouen – Montpellier, c’est un affrontement qui n’est pas vraiment comme les autres, deux machines de guerre lancées à pleine vitesse l’une contre l’autre, deux chefs de meute qui se déchirent dans un combat sans merci. C’est d’abord du plaisir, celui de rencontres qui sentent bon les phases finales, l’assurance de voir du beau jeu, de sentir l’odeur enivrante de l’adrénaline, d’admirer en action certains des meilleurs joueurs du championnat. C’est aussi un regard vers l’avenir, vers de possibles retrouvailles en play-offs. C’est un match qui a une vraie signification : pour les Huskies, il faut gagner d’abord pour s’assurer une place en séries, ce qui n’est pas encore certain, mais aussi pour tenter d’aller décrocher une des deux premières places et recevoir la demi-finale. Ce qui n’est pas vraiment anodin, puisque les rouennais sont 9-3 à la maison (avec un batting average de .293) contre 6-6 loin de leur base (où ils ne frappent que pour .233). 

Rouen monte en puissance

Les Huskies ont fait le travail contre La Rochelle. D’abord en gonflant les statistiques individuelles et collectives, puis en réussissant à renverser la vapeur dans une fin de match où ils étaient menés au score, ce qui ne leur est pas arrivé souvent cette saison. On va mettre de côté les 5 erreurs commises dans le 2ème match, considérant que ce n’est qu’un épiphénomène, pour considérer que les Huskies commencent à jouer du bon baseball, même s’il demeure encore quelques scories dans la gestion des at-bats. Mais quand tout le monde est focus, tire dans la même direction, joue avec sa tête, les Huskies demeurent une équipe de haut niveau, capable de bousculer n’importe quel adversaire.

Montpellier, machine à frapper

Mais ce n’est pas n’importe quel adversaire qui se présente au terrain Pierre-Rolland ce week-end. Montpellier impressionne depuis le début de saison.  Certes il y a bien eu quelques sorties de route, 3-13 contre Sénart, 3-15 contre Toulouse, 3-13 contre La Rochelle, 14 points encaissés contre le PUC. Mais il y a eu aussi, et surtout, de sérieuses démonstration de puissance, dont les Huskies ont été une des victimes (2-12 au match aller). Une chose est certaine, quand on voit jouer les Barracudas, on sait qu’il va y avoir de l’action. Dans 14 de leurs 22 matches, ils ont frappé 10 hits ou plus. Une seule fois, ils n’ont pas franchi la barre des 5. C’était contre Rouen et le duo Taido / Ito. Les Barracudas ont marqué 55 points de plus que les rouennais et frappé 45 hits de plus en jouant 2 matches de moins. 

Le phénoméne Brossier

Au cœur du réacteur offensif des Barracudas, on ne peut pas ne pas évoquer la saison de Paolo Brossier. Le joueur de champ-centre était déjà monté très haut l’an passé : 44 hits, 21 RBI, .376 de moyenne et 1.021 d’OPS. On se disait qu’il avait réalisé la saison de sa carrière. On s’était trompé. C’est encore plus phénoménal cette année :  40 hits, 16 RBI, .482 de moyenne, 1.229 d’OPS, et en plus 14 bases volées contre 5 l’an passé. Il est totalement inarrêtable, et on peut le constater avec deux stats. Quand il n’y a personne sur les sentiers, il frappe pour .415, et quand il y a des coureurs en position de marquer, il frappe pour .571. Dans toutes les circonstances, cet homme est dangereux. Il serait trop réducteur de ne parler que du leadoff quand on évoque l’attaque de Montpellier, Mendez (.423, 19 RBI), Farina (.324, 11 RBI), Bouniol (.341, 12 RBI), Zan (.345, 6 RBI) seraient les meilleurs frappeurs dans n’importe quelle autre formation. Mais avec un leader de la trempe de Brossier, tout le monde devient meilleur. Si l’attaque est quasiment irréprochable, le pitching a été plus douloureux. On peut évoquer les 150 buts sur balles (contre 85 à Rouen) ou les 40 wild-pitches (contre 4 à Rouen). Mais cela tient, et la performance de Delgado contre Toulouse la semaine dernière en porte témoignage. Il n’a lancé que 53 % de strike, il est monté souvent à compte-plein, mais il n’a rien donné ou presque. Et son retour de blessure apporte beaucoup, comme le fait Ben Couvreur, avec des chiffres aussi ahurissants au monticule que ceux de Brossier au bâton. Il suffit d’évoquer son 56 % de strike-out (quand un ratio de 30 % est excellent) pour mesurer à quel point le bullpen montpelliérain est transformé depuis son arrivée.  

Envoyer un message

C’est donc une équipe en pleine possession de ses moyens, sans véritable faille, que les rouennais vont affronter. Un adversaire incontestablement plus fort qu’eux, sur le papier et dans les chiffres. Justement, c’est ce qu’adore Rouen. Se trouver dans l’obligation de hisser son niveau de jeu, taper du poing sur la table pour montrer qui est le patron, et affirmer à la face entière du baseball français que le titre de champion de France lui appartient et qu’il n’entend pas le laisser. C’est pour tout ça qu’on attend avec impatience d’être à samedi 16 heures. 



Vous souhaitez soutenir les HUSKIES de Rouen? Avez-vous pensé au mécénat?