Rouen vise le sommet

Cinq victoires d’affilée ont propulsé les Huskies vers la deuxième place et les play-offs. Ce week-end à Sénart, Rouen joue gros : une victoire suffit pour verrouiller le Top 2, deux offrent une vraie chance de terminer premiers. Deux matchs, trois destins possibles.

Il y a des week-ends qui servent à terminer un calendrier, et d’autres qui peuvent changer le visage d’une saison. Celui qui attend les Huskies à Sénart appartient à la seconde catégorie. Deux matchs suffiront à déterminer la place depuis laquelle Rouen s’élancera vers le titre de Champion de France. Deuxièmes aujourd’hui, les Huskies peuvent encore terminer premiers, deuxièmes ou troisièmes. 
Pour une fois, les scénarios sont simples: deux victoires ouvrent la porte à la première place, une victoire assure la deuxième, deux défaites feraient glisser Rouen à la troisième.

Cinq victoires qui ont tout changé

Il y a quelques semaines encore, la situation était bien moins confortable : les Huskies avaient laissé filer des matchs et semblaient condamnés à courir derrière leurs concurrents. Puis, après leur succès contre Toulouse, les Rouennais ont enclenché une série qui a redistribué les cartes. La Rochelle en a fait les frais, avec une victoire spectaculaire 17-4 suivie d’un succès plus disputé 2-1. Puis Montpellier est venu à Rouen : 13-3 le samedi (avec trois home runs), puis 7-1 le dimanche. Cinq matchs qui ont validé la qualification en play-offs et permis à Rouen de revenir à la deuxième place au meilleur moment de la saison.

Trois équipes, trois places

Avant cet ultime week-end, le classement est extrêmement serré : Savigny mène avec 18 victoires et 8 défaites, Rouen et Montpellier suivent à 17-9. Le calendrier a réuni tous les ingrédients d’un dernier dimanche sous tension : pendant que Rouen affrontera Sénart, Savigny et Montpellier s’affronteront directement. Quatre matchs, deux terrains, et un classement définitif dimanche soir.
Pour Rouen, trois scénarios se dessinent.

Deux victoires : rêver de la première place

C’est le scénario idéal. Si Rouen remporte ses deux matchs à Sénart, les Huskies termineront la saison régulière avec un bilan de 19 victoires pour 9 défaites.
Dans ce cas, ils seront assurés de terminer dans les deux premiers. Mais surtout, la première place deviendra très sérieusement accessible. Il suffirait que Savigny laisse échapper au moins l’un de ses deux matchs face à Montpellier. Avec un partage entre Savigny et Montpellier, Rouen et Savigny termineraient à égalité à 19-9. Le départage serait alors favorable aux Huskies, grâce à un run average favorable aux Huskies.
Et si Montpellier remportait les deux rencontres, Rouen terminerait également devant les Barracudas, grâce à son avantage acquis cette saison dans les confrontations directes.
Le calcul est donc limpide: Rouen doit gagner deux fois à Sénart et espérer au moins une victoire de Montpellier face à Savigny pour terminer premier de la saison régulière.

Une victoire ? La deuxième place assurée

Le deuxième scénario est finalement le plus simple. Si Rouen partage la série avec Sénart, les Huskies termineront deuxièmes, quels que soient les résultats des deux rencontres entre Savigny et Montpellier.
Une victoire samedi ou dimanche suffirait donc à verrouiller l’essentiel : une place dans le Top 2 et, avec elle, l’avantage du terrain en demi-finale.
En revanche, dès lors que Rouen concède une défaite à Sénart, la première place n’est plus accessible.
L’enjeu devient alors très concret : sécuriser cette deuxième position et s’assurer de retrouver Saint-Exupéry pour les play-offs. Capital selon le manager rouennais Quentin Becquey. « A l’heure des play-offs, retrouver Saint-Exupéry et notre public plutôt que de devoir aller chercher une qualification loin de Rouen n’a rien d’un détail ».

Deux défaites ? Le risque de tout perdre ou presque

La qualification pour les play-offs, elle, est acquise. Mais les conséquences seraient loin d’être anodines. Car une troisième place signifierait perdre l’avantage du terrain et devoir aller chercher à l’extérieur une qualification pour la finale.
Après avoir bataillé pendant des semaines pour revenir dans le Top 2, ce serait abandonner lors du dernier week-end une bonne partie du bénéfice de cette formidable série de cinq victoires.

Sénart, évidemment

Encore faut-il gagner. Et comme souvent dans l’histoire récente du baseball français, Sénart se retrouve sur la route des Huskies. Sur leur terrain, les Franciliens n’auront aucune intention de faciliter la tâche des Rouennais.
Les Templiers ont d’ailleurs occupé la tête du championnat au printemps. Une manière de rappeler que leur cinquième place actuelle ne raconte pas toute leur saison.
Sur le monticule, Anderson Vera constitue l’une des principales menaces. Le droitier vénézuélien a été l’un des hommes forts du pitching sénartais cette saison, comme l’an passé déjà sur le monticule de Montpellier. Derrière lui, Yorfrank Lopez reste un compétiteur redoutable et Emile Brelle offre une autre option sur le monticule.
Mais Sénart ne se résume pas à ses lanceurs. Dans l’alignement, Rouen devra notamment surveiller Dylan Mayeux et Yorfrank Lopez, déjà auteurs de solides performances offensives cette saison. Ilya Sladzinski, revenu chez les Templiers cette année, apporte sa polyvalence et son expérience, tout comme l’international  brésilien Gabriel Do Carmo. Et quelques noms bien connus du championnat sont toujours là comme les vétérans  Félix Brown ou Douglas Rodriguez, qui restent des joueurs à ne jamais négliger dans les moments importants. Autrement dit, les Huskies savent à quoi s’attendre : une équipe qui n’a plus les mêmes enjeux au classement mais qui possède suffisamment de talent et d’expérience pour transformer ce dernier week-end en piège.

Rouen et Sénart ont partagé assez de grands matchs et de finales pour savoir qu’une confrontation entre les deux clubs n’est jamais tout à fait ordinaire. « Le piège, reconnaît Quentin Becquey, serait de commencer à regarder trop tôt ce qui se passe du côté de Savigny. » Car les Huskies ne maîtrisent qu’une partie de l’équation : la leur. Gagner d’abord, compter ensuite. c’est peut-être la meilleure façon d’aborder ce dernier week-end.



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