09 Sep Quatre pour le titre
Ce week-end, le baseball français entre dans le vif du sujet. Savigny-Montpellier et Rouen-La Rochelle : les demi-finales du Championnat de France 2026 mettent aux prises les quatre meilleures équipes de la saison régulière. Savigny et Rouen jouent à domicile. Mais au meilleur des trois matchs, l’avantage du terrain ne pèse jamais bien lourd et la hiérarchie du printemps peut voler en éclats en un seul week-end.
Il aura fallu une saison entière pour départager Lions, Huskies, Boucaniers et Barracudas. Il suffira désormais de deux victoires pour continuer l’aventure. Ce week-end, les quatre meilleures équipes de la saison régulière entrent dans le temps court des play-offs. Celui où une erreur, un lancer ou un coup sûr peut faire basculer une saison.
Rouen-La Rochelle : le remake
Il y a un mois à peine, rien ne garantissait à Rouen de jouer cette demi-finale à domicile. Le 25 juillet, une défaite 2-1 en dix manches contre Toulouse plaçait les Huskies sous pression : 12 victoires, 9 défaites, et des poursuivants qui revenaient dangereusement. La deuxième place semblait leur échapper. Puis Rouen a changé de rythme. Sept matchs, sept victoires, dont quatre par mercy-rule. Lors de l’ultime journée à Sénart, les Huskies ont achevé leur remontée avec deux succès sans appel, 13-2 puis 14-1. En quelques semaines, une équipe sous pression s’est installée à la deuxième place et aborde les play-offs sur la meilleure série de sa saison.
Une remontée qui donne un relief particulier aux mots de Quentin Becquey avant le début du championnat : « Notre adversaire le plus dangereux, c’est nous-mêmes. Nous sommes capables de tout, du bon comme du mauvais. »
Rouen semble avoir trouvé cette régularité qui lui a parfois manqué. Reste à la conserver au moment où chaque défaite rapproche de l’élimination.
Face à eux, La Rochelle n’a plus rien d’un outsider
Les deux équipes se connaissent parfaitement. En finale du Challenge de France à Toulouse, les Boucaniers, pour leur toute première grande finale, avaient poussé Rouen dans ses derniers retranchements avant de céder. Becquey lui-même l’avait reconnu : « Il n’y a pas de grande finale sans grandes équipes, et La Rochelle a livré un match très solide. »
Depuis, le scénario n’a guère changé. En saison régulière, deux rencontres entre les deux équipes se sont jouées sur un seul point, remportées par Rouen 3-2 puis 2-1.
Trois matchs serrés qui disent beaucoup de cette demi-finale : La Rochelle sait entraîner Rouen dans ces rencontres à couteaux tirés où une erreur défensive, un mauvais lancer ou un coup sûr avec deux retraits peut décider de tout.
L’atout rouennais ? La profondeur du monticule
Thibault Mercadier, Yui Taido, Ryusuke Ito, Esteban Prioul, Matteo Manaranche : Quentin Becquey dispose de nombreuses options pour construire son week-end. Dans une série au meilleur des trois matchs concentrée sur deux jours, cette profondeur peut devenir déterminante. D’autant que le premier duel pèsera lourd.
Depuis 2002, 24 séries se sont disputées sous ce format. À 20 reprises, le vainqueur du premier match a également remporté la série. Soit 83 % de qualifications. Gagner l’ouverture, c’est donc prendre une sérieuse option. La perdre, c’est entrer immédiatement dans un match couperet.
Les battes rouennaises arrivent elles aussi lancées. Sur leurs sept derniers matchs de saison régulière, les Huskies ont inscrit 71 points, frappé 78 coups sûrs et six home runs, tout en ne concédant que 15 points. Une production bien éloignée des passages à vide du printemps.
Mais Rouen a également appris à gagner autrement. Sans forcément dominer offensivement, en s’appuyant sur son pitching et sa défense, comme lors du Challenge de France. « Même dans la difficulté, nous sommes capables de gagner », résumait Becquey après le titre. C’est peut-être la principale différence avec le début de saison : les Huskies savent désormais qu’ils peuvent gagner de plusieurs façons.
Savigny-Montpellier : le piège du favori
Deuxième affiche, autre scénario. Savigny a terminé en tête de la saison régulière et vient d’envoyer un avertissement très clair à son futur adversaire. Lors de l’ultime journée, les Lions ont battu Montpellier deux fois : 18-5 puis 8-5. Quelques jours plus tard, les deux équipes se retrouvent. Même terrain, même adversaire, mais cette fois une place en finale au bout. Savigny possède une attaque capable de creuser très vite les écarts et, surtout, de contraindre l’adversaire à puiser prématurément dans son bullpen. Dans une série condensée sur un week-end, faire consommer des lanceurs à l’adversaire dès le premier match peut peser bien au-delà du score.
Mais attention à ne pas tirer trop vite les conclusions du dernier week-end.
Montpellier vaut mieux que sa quatrième place. Les Barracudas ont longtemps occupé le haut du classement et ont montré qu’ils pouvaient malmener les meilleures équipes. Rouen en sait quelque chose, après avoir été corrigé 12-2 en juin.
Montpellier a donc les armes. La question est de savoir quelle version des Barracudas se présentera à Savigny. Car leur fin de saison les a placés dans une situation radicalement différente. Le double revers concédé face aux Lions leur a coûté l’avantage du terrain. Pour atteindre la finale, ils devront désormais aller chercher leur qualification chez le leader. Mais cette position peut aussi changer la répartition de la pression.
Savigny a terminé premier. Savigny joue à domicile. Savigny vient de battre deux fois Montpellier. Tout désigne les Lions comme favoris. Et c’est précisément ce qui rend cette demi-finale dangereuse pour eux. Ils ont beaucoup plus à perdre.
Deux victoires, rien d’autre
Deux demi-finales, deux rapports de force.
À Rouen, une équipe portée par sept victoires consécutives face à La Rochelle, qui a déjà démontré qu’elle savait pousser les Huskies jusqu’à leurs limites.
À Savigny, la meilleure équipe de la saison régulière face à un Montpellier capable du meilleur comme du pire.
La saison régulière a désigné les quatre meilleures équipes de France. Ce week-end, le terrain en choisira deux.