2 matchs, 2 visages, 1 finale

Spectaculaires samedi, solides et patients dimanche, les Huskies ont éliminé La Rochelle en deux matchs (13-7, 2-1) et décroché leur billet pour la finale du Championnat de France. Rouen retrouvera Savigny avec, au bout de cette dernière série, la possibilité d’aller chercher un vingtième titre national. Il y avait plusieurs façons de rejoindre une finale. Les Huskies en ont choisi deux. Samedi, Rouen a frappé. Fort. Dimanche, il a fallu résister, attendre et ne surtout pas trembler. Deux matchs aux scénarios radicalement différents, mais un même résultat : deux victoires contre La Rochelle et une nouvelle finale du Championnat de France.

 

Les Boucaniers étaient probablement l’adversaire que les Rouennais avaient le moins envie de retrouver à ce stade de la saison. Les confrontations précédentes l’avaient montré : La Rochelle avait déjà sérieusement bousculé les Huskies cette année, notamment lors de la finale du Challenge de France remportée 5-4 par Rouen. Une méfiance que Pierre-Yves Rolland résume dans Paris-Normandie : « C’était loin d’être une évidence. La Rochelle était l’équipe qu’on redoutait le plus. Cette demi-finale allait lui donner raison.

Samedi, Rouen sort les battes. Le premier match a été celui des attaques. Et dans ce domaine, les Huskies ont rapidement donné le ton. Rouen a frappé fort et souvent pour prendre le contrôle de la rencontre. Treize points, quatorze coups sûrs et deux home runs : la puissance offensive rouennaise a fini par faire la différence face à des Rochelais qui, malgré leurs sept points, n’ont jamais réussi à renverser le match. Kento Megumi s’est notamment illustré avec deux home runs. Mais au-delà des performances individuelles, c’est surtout la capacité de Rouen à maintenir constamment la pression qui a marqué cette première rencontre. 13-7. 

Mercadier tient Rouen dans le match

Cette fois, les battes se taisent et chaque base devient précieuse. Au centre du duel : Thibault Mercadier. Le lanceur rouennais prend le match à son compte et ne le lâche plus. Pendant neuf manches, il maintient les Boucaniers sous pression et permet aux Huskies de rester en position de conclure cette demi-finale. À 1-1, le match peut encore basculer d’un côté comme de l’autre. Il faut attendre la huitième manche pour que Rouen trouve enfin l’ouverture. Après un retrait, Hugo Blondel frappe un coup sûr. Joris Bert obtient un but sur balles et le rejoint sur les sentiers. Enfin, Oscar Lebouc frappe un simple décisif qui envoie Blondel au marbre. 2-1. Un tout petit point d’avance. Fragile. Car La Rochelle n’a pas dit son dernier mot. En neuvième manche, les Boucaniers placent deux coureurs, en première et en deuxième, avec un seul retrait. Un coup sûr peut remettre les deux équipes à égalité, voire d’offrir la victoire aux visiteurs. La pression est maximale. Mais Rouen ne cède pas. Un ballon d’Esteban donne le deuxième retrait. Puis Mercadier trouve encore les ressources pour aller chercher le dernier strikeout face à Crawford. Troisième retrait. 2-1. Match terminé. Rouen est en finale.

« Il nous aurait fallu un peu de chance en plus et peut-être que ça ne soit pas Rouen en face… »

La Rochelle aura poussé les Huskies jusqu’au dernier lancer. Et c’est précisément ce qui donne encore davantage de valeur à cette qualification.
Dans Sud Ouest, l’entraîneur rochelais Maxence Esteban reconnaît la supériorité rouennaise : « Ils ont été meilleurs. »Avant d’ajouter une phrase particulièrement révélatrice : « Il nous aurait fallu un peu de chance en plus et peut-être que ça ne soit pas Rouen en face… » Rouen redoutait La Rochelle. La Rochelle aurait préféré ne pas avoir Rouen en face.

Dans Paris-Normandie, Pierre-Yves Rolland souligne d’ailleurs la transformation de l’équipe à l’approche des matchs décisifs : « Quand ils ont décidé de se mettre en mode play-offs, les attitudes ont changé. »
Quentin Becquey insiste, lui, sur la profondeur de son groupe : « C’est une équipe avec des ressources, un vrai banc. »

L’ambition d’une vingtième couronne l’année des 40 ans

La finale 2026 s’annonce particulièrement indécise. Rouen retrouvera Savigny, et la saison régulière n’a pas permis de départager les deux équipes : Huskies et Lions se sont partagé les victoires.
Les deux meilleures formations de la première phase se retrouvent donc logiquement pour le titre. Une finale au meilleur des cinq matchs où il faudra, cette fois, trois victoires pour être champion.
Pour Rouen, le rendez-vous a une saveur particulière. L’année de leurs 40 ans, les Huskies peuvent décrocher le 20e titre de champion de France de leur histoire.
Et les deux clubs se connaissent bien à ce niveau de la compétition. Ce sera leur septième confrontation en finale. Jusqu’ici, l’histoire a toujours choisi le même camp : six finales, six victoires pour Rouen face aux Lions.
Mais les statistiques appartiennent au passé. Pour écrire la septième, tout reste à faire.



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