16 Sep Rouen/Savigny: 5 choses à savoir
Les French series, les finales du championnat de France, débutent ce week end à Rouen entre les Huskies de Rouen et les Lions de Savigny. 5 choses à savoir avant le début du duel.
1.
L’avantage du terrain. En terminant premiers de la saison régulière, les Lions de Savigny ont gagné l’avantage du terrain. Mais est-ce vraiment important en finale ? Premier élément, le vainqueur de la saison n’a été champion que 10 fois sur 22 depuis 2002. En revanche, l’équipe qui reçoit le deuxième week-end a remporté le titre 14 fois sur 21 (2007 n’a pas été comptabilisé, se jouant sur terrain neutre). Enfin, les équipes jouant à domicile ont remporté 51 matches et perdu 40 en finale. Donc, sans que les chiffres donnent une indication décisive, on peut estimer que Savigny part malgré tout avec un léger avantage. Mais les Lions sont-ils vraiment chez eux ?
En 2012, le terrain du parc Jean-Moulin a été fermé à la D1. Depuis, l’équipe joue soit tous ses matches à l’extérieur, se partage entre plusieurs terrains proches, ou évolue à Limeil-Brévannes.
Cette saison, les Lions ont élu domicile à Chartres, créant une véritable synergie avec les French Cubs, et ils ne s’en portent pas plus mal, avec une fiche positive de 14 victoires et 3 défaites. Mais Rouen est 13-3 dans son antre de Pierre-Rolland.
Oui, gagner à l’extérieur sera à la fois compliqué mais aussi la clé de cette finale.
2.
Les as du monticule. Les deux meilleurs lanceurs du championnat seront sur le terrain. Face à face ? Ça, on ne le sait pas, ce sera la décision des coaches. Mais ils tiennent dans leur bras droit une partie de l’issue de la finale. Pour les Lions, Adrian Pena. Leader pour les manches lancées, les strike-outs, 2ème pour l’ERA et le batting-average, il a été celui sur lequel Savigny a pu se reposer pour aller chercher des matches importants. Non content d’en avoir remporté 9 en saison régulière, il a signé une performance impressionnante en demi-finale contre Montpellier.
Quand il est sur le monticule, c’est pour durer. Dans 11 de ses 14 départs, il a dépassé le cap des 100 lancers. Contre Rouen cette saison, c’est 1-0, 1 point mérité en 13 manches et 20 strike-outs.
Pour Rouen, Thibault Mercadier. Il n’a affronté les Lions qu’une seule fois cette saison, mais ce fut une démonstration. Il a retiré dans l’ordre les 16 premiers frappeurs, pour finir avec 8 manches de travail, 2 hits, aucun point mérité et 10K. Le lanceur rouennais domine toutes les statistiques avancées du pitching, notamment la plus importante, le CSW %, qui calcule le ratio de lancers produisant un strike sans que le frappeur ne touche la balle (sur appel de l’arbitre ou sur élan), en dépassant le 40 %, ce qui est considéré comme exceptionnel. Il a atteint 42,5 % en demi-finale, dans un match complet d’un point et de 12 K.
Vous verrez le pitching à son meilleur dans cette demi-finale.
3.
Monsieur Acuna. Vous aurez l’occasion de voir évoluer le meilleur frappeur du Championnat de France. Le vénézuélien Ivan Acuna fait régner la terreur depuis son arrivée à Savigny, en 2019. En 7 saisons régulières, il affiche une moyenne de .365, avec 157 RBI et 86 extra-bases. Signe du respect qu’il impose aux équipes adverses, il a reçu pas moins de 31 buts-sur-balles intentionnels. À 31 ans, l’ancien joueur de Bravos de Marguerita vient de connaître sa meilleure saison, avec celle de 2019, en frappant pour .402 avec 14 doubles, 1 triple, 1 circuit et 18 RBI. Il a frappé au moins un hit dans 24 des 26 matches auxquels il a participé. Et 14 matches de plus d’un coup-sûr. Non content d’être un danger offensif, il brille aussi au catch et rend d’immenses services à l’arrêt-court.
Bref un grand monsieur du baseball français qu’il est toujours appréciable de voir jouer.
4.
L’art de la résilience. Gagner en ayant été mené au score est essentiel au baseball. Un match est long, et il faut savoir retourner les situations. Rouen et Savigny ont été les meilleurs dans cet exercice cette saison. Les Huskies ont remporté 8 matches sur 18 quand ils ont été menés au score (32 %) et les Lions 10 sur 16 (36 %). Aucune autre équipe ne dépasse le 30 %. Les Lions sont par ailleurs la seule équipe qui possède un dossier positif quand l’adversaire marque le premier point avec 8 victoires – 7 défaites, incluant les play-offs.
Les Huskies suivent avec 8-9 (mais ils sont 13-0 quand ils marquent les 1ers et Savigny 14-2).
Enfin, quand ils mènent après 6 manches, les Lions sont 18-0 et les Rouennais 14-1. À noter que pour les deux équipes, la meilleure manche est la 6ème, Rouen a marqué 31 points et Savigny 34.
5.
Un coach invincible. S’il y a une chose que coach Becquey sait gagner, ce sont les finales. C’est simple, il est 7-0 dans ces moments essentiels de la saison.
Cela a commencé en octobre 2024, avec un balayage 3-0 contre… les Lions : 6-0, 8-2, 3-1, le suspens n’a pas été à son comble, avec un pitching rouennais ne concédant qu’un seul point mérité et trois premiers frappeurs en feu (14 en 38 pour Defries / Smith / Masson).
Cela s’est poursuivi l’an passé, face à des Barracudas dont beaucoup faisaient leurs favoris, en raison de leur puissance offensive notamment. Les Huskies ont vite présenté la note : 5-2 et 7-1 dans les 2 premiers matches, et 11-7 pour finir le travail à Veyrassi. Il faut y ajouter cette saison la finale du Challenge de France, joué à Toulouse et remporté face à La Rochelle sur un walk-off signé Vissac, et un coup de maître de coach Becquey qui le faisait entrer en jeu au bon moment.
Le coach perdra (peut-être…) un jour un match de finale, mais gageons qu’il aimerait volontiers porter sa fiche à 10-0.