Rouen dos au mur

Battus 1-0 samedi puis 4-3 dimanche à Saint-Exupéry, les Huskies ont perdu les deux premiers matchs de la finale face à Savigny. Menés 2-0 dans la série, ils devront désormais gagner trois fois à Chartres pour conserver leur titre.

 

Il y a les défaites qui ne laissent aucune place au regret. Et puis il y a celles qui se jouent sur un lancer, une frappe ou une occasion manquée. Celles concédées ce week-end par les Huskies appartiennent clairement à la seconde catégorie. Rouen n’a pas été dominé. Rouen n’a pas été dépassé. Mais Savigny a mieux négocié les rares moments décisifs de deux rencontres extrêmement serrées. Les Lions repartent de Saint-Exupéry avec deux victoires et une avance considérable dans ces French Series. « On ne doit jamais le perdre, celui-là. On n’a pas su le tuer », regrettait le président Pierre-Yves Rolland dans Paris-Normandie après la deuxième rencontre.

Un duel de lanceurs exceptionnel

Samedi, le premier match a offert un duel de très haut niveau entre Ryusuke Ito et Adrian Pena Pereira. Les deux lanceurs ont disputé l’intégralité de la rencontre et livré une performance exceptionnelle.
Ito donne immédiatement le ton en retirant les trois premiers frappeurs de Savigny sur prises. Mais Rouen ne profite pas de ses premières occasions. Dès la première manche, Joris Bert et Hugo Blondel frappent deux simples et placent des coureurs dans les coins. Sans parvenir à marquer.
Le seul point de la rencontre intervient en troisième manche. Hugo Désir expédie la balle au-delà de la clôture du champ gauche et donne l’avantage aux Lions.

Un coup suffit. Car derrière, Pena ferme toutes les portes. Les Huskies placent régulièrement des joueurs sur les bases, mais ne trouvent jamais la frappe capable de les ramener au score. Ils laissent neuf coureurs sur les sentiers, dont deux dans la huitième manche.
Pena conclut son match complet avec cinq coups sûrs concédés, cinq buts sur balles et treize retraits sur prises. Ito fait encore plus fort statistiquement : cinq hits, un seul but sur balles et quinze strikeouts en neuf manches. Mais le home run de Désir condamne le lanceur rouennais à une défaite particulièrement cruelle.
Savigny s’impose 1-0. Un résultat difficile à accepter pour Pierre-Yves Rolland, qui soulignait dans Paris-Normandie le contraste entre les nombreuses occasions obtenues par Rouen et l’unique frappe décisive de Savigny.

Rouen prend les devants

Dimanche matin, les Huskies réagissent immédiatement. Kento Megumi ouvre la première manche avec un double. Ryosuke Nishikawa l’imite et permet à Rouen d’inscrire le premier point. Une erreur défensive sur une frappe d’Oscar Lebouc offre ensuite un deuxième point aux Normands. Cette fois, Rouen est devant : 2-0. Mais Savigny répond dès la troisième manche. Après un but sur balles accordé à Moise Núñez Díaz, Ivan Acuña frappe un home run de deux points qui remet les deux équipes à égalité.
La réaction rouennaise est immédiate. Dans la fin de cette même troisième manche, Nishikawa envoie à son tour la balle derrière la clôture du champ gauche. Avec un double, un home run, deux points produits et deux points marqués, le Japonais porte presque à lui seul l’attaque rouennaise.
Rouen mène alors 3-2.

Deux frappes qui changent tout

Thibault Mercadier préserve cet avantage pendant sept manches. Le lanceur rouennais ne concède que quatre coups sûrs et deux points, avec dix retraits sur prises.
Mais, une fois encore, le match bascule sur une séquence très courte. Entré pour lancer la huitième manche, Esteban Prioul retire le premier frappeur. Ivan Acuña expédie ensuite son deuxième home run du match au champ gauche. Égalisation. Quelques instants plus tard, Axel Amoros frappe à son tour un home run exactement dans la même direction.
Deux frappeurs. Deux home runs. Deux points. Savigny passe devant pour la première fois du match : 4-3.
Interrogé par Paris-Normandie sur son changement de lanceur, Quentin Becquey a assumé sa décision. Le manager rouennais estimait que Mercadier commençait à perdre la maîtrise de la zone et souhaitait casser le rythme en faisant entrer Prioul. Un choix qui n’a pas fonctionné, mais qu’il jugeait cohérent au moment de le prendre.
Rouen ne reviendra pas. Evertz Orozco Alvarado ferme les deux dernières manches et permet aux Lions de remporter également la deuxième rencontre.

Un seul coup sûr en 17 occasions

Le constat est brutal pour les Huskies. En deux jours, ils n’ont concédé que cinq points et leurs lanceurs ont totalisé 37 retraits sur prises. Pourtant, Savigny mène désormais deux victoires à zéro. « Le pitching, c’est validé. La défense, c’est validé », résumait Quentin Becquey. Pour le manager rouennais, le problème se situe ailleurs : dans l’incapacité de son équipe à transformer ses nombreuses présences sur les bases en points.
Une statistique résume à elle seule le week-end : Rouen n’a frappé qu’un seul coup sûr en 17 passages au bâton avec des coureurs en position de marquer. Un terrible 1 sur 17 qui explique en grande partie ces deux défaites concédées avec un seul point d’écart.
Samedi, Rouen a laissé onze coureurs sur les sentiers. Dimanche, après avoir inscrit trois points dans les trois premières manches, les Huskies n’ont plus marqué. Les occasions existent, mais la frappe décisive manque encore.
C’est aussi ce qui permet à Quentin Becquey de conserver quelques raisons d’y croire. Rouen parvient à placer des joueurs sur les bases et à se créer des situations. Il lui reste à les convertir. Le manager estime surtout que son équipe possède les ressources nécessaires pour gagner trois matchs consécutifs, même à l’extérieur. Car la situation est désormais parfaitement claire. Pour aller chercher le vingtième titre de leur histoire, les Huskies devront remporter les trois prochaines rencontres à Chartres.

Un objectif simple à formuler. Immense à accomplir. Rouen est dos au mur. Mais cette finale a également montré que l’écart entre les deux équipes était infime. Il reste maintenant aux Huskies à transformer les regrets de Saint-Exupéry en révolte.

Ryusuke Ito, auteur d'une énorme sortie dans le match 1 avec un complete game, 15K, 5 hits et 1BB
La défense rouennaise, ici avec Théo Rioux, a été solide. Aucune erreur lors des deux matchs.
Adrian Pena Pereira, le lanceur de Savigny, remporte le match 1 avec 9 manches lancées, 5 hits, 5BB et 13K
Rouen menait pourtant 2 à 0 dès la première manche du match 2.
L'attaque rouennaise n'a pas été productive avec un bilan de 1 en 17 avec des coureurs en position de marquer.
Thibault Mercadier a dominé l'attaque des Lions durant 7 manches avec 10K, 4 hits et 2BB
Les Lions de Savigny ont donné une leçon de réalisme aux Huskies.
Ivan Acuna frappe un coup de canon en 8me manche du 2me match pour égaliser à 3 partout.
A compte plein, Axel Amoros expédie la balle au dessus du champ gauche. Savigny prend les devants en8me, 4 à 3.


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