Face à l’Histoire

Menés 0-2. dans ces finales 2026 face à Savigny, les Huskies n’ont plus rien d’autre à faire que d’entrer à leur tour dans la légende du club le week end prochain. 

L’histoire les regarde. Celle d’une succession de finales toujours gagnées. D’une série de 19 triomphes nationaux, parfois survolés, parfois arrachés, mais sans ne jamais s’avouer vaincu. L’histoire d’un club qui refuse de perdre et qui veut être le plus grand. Mais les Lions sont passés par là. À grands coups de home-runs, ils ont enfoncé la porte de la maison rouennaise. Et désormais, les fondations tremblent. Encore un pas, et ce sera la chute. Alors, s’arrêter comme ça, aux portes du 20ème ? Être les premiers à connaitre l’opprobre de l’échec, quand ce club devient quadragénaire ? Personne, certainement, ne veut vivre avec cette responsabilité, assumer ce fiasco. Ce n’est pas un sursaut d’orgueil, qui est attendu. C’est un énorme coup de poing sur la table, histoire de tout renverser. Un souffle de passion pour faire renaître l’espoir et continuer à être ceux qui ne baissent jamais la tête. Ce ne sera pas facile. Loin de là. Cela en sera encore plus beau. 

QUAND ON MET PLUS DE COUREURS SUR LES SENTIERS, PLUS DE COUREURS EN POSITION DE MARQUER, QU’ON LANCE PLUS DE STRIKE OUTS ET QU’ON COMMET MOINS D’ERREURS QUE L’ADVERSAIRE, NORMALEMENT ON GAGNE

Les Huskies se sont enfermés tous seuls dans ce piège. Attention, il ne s’agit pas d’enlever la moindre once de mérite aux Lions. Ils ont été magnifiques. Leurs deux victoires sont superbes, venues de très loin, arrachées avec toute l’énergie, toute la résilience, tout le talent d’un groupe qui croit en ses chances et qui a totalement raison d’y croire. Mais quand on met plus de coureurs sur les sentiers, plus de coureurs en position de marquer, qu’on lance plus de strike-outs et qu’on comment moins d’erreurs que l’adversaire, normalement, on gagne. C’est ce que les Huskies ne sont pas parvenus à accomplir.

On ne va pas revenir sur le déroulement de ces deux matches, sur tous les « si » qui auraient pu changer la donne. Tout cela appartient au passé. Il sera temps, plus tard, d’analyser, de calculer, d’expliquer. Maintenant, il n’est question que d’une seule chose : gagner. Et trois fois. La recette est d’une simplicité affolante. Jouer au baseball. Ne pas penser à l’adversaire, au score, au risque. Faireson travail, en équipe, en hommes. Miser sur l’intelligence collective et émotionnelle. Lancer par lancer, donner le meilleur, pour soi-même et pour l’équipe. Et si quelqu’un se trompe, on corrige son erreur par ses propres actions. Et si quelqu’un réussit un exploit, on en fera un autre derrière, pour toujours aller de l’avant. Ne jamais craindre ou calculer, jusqu’à l’ultime frappe, l’ultime course, l’ultime lancer. Avancer avec force, fierté, parce qu’on est des Huskies, et que du haut de cette finale, 19 titres immaculés vous contemplent.

LES HUSKIES L’ONT DÉJÀ FAIT

Puisqu’on parle de l’histoire, convoquons-la. Les Huskies ont joué 12 matches sans lendemain. 12 matches dans lesquels la défaite était interdite. 12 matches qu’il fallait gagner, sous peine de perdre le titre. En voici la nomenclature :  2006, à Toulouse : 2 (7-1, 5-0) ; 2007, contre Sénart : 1 (9-8) ; 2008, contre Sénart : 2 (12-2, 9-2) ; 2011, contre Montpellier : 3 (4-1, 4-2, 4-3) ; 2013, contre Sénart : 2 (7-3, 5-2) ; 2017, contre Sénart : 1 (9-8) ; 2021, à Sénart :  1 (4-1).12 matches. 12 victoires, bien sûr. 
Il y avait, dans ces équipes, comme une forme d’inéluctabilité. Il ne s’agissait de se dire « on va gagner ». Il s’agissait de le faire, de le vivre. C’était une certitude, une simple évidence. Une confiance absolue dans la capacité à renverser le cours des choses. Quinze ans d’écart, pourtant, entre l’équipe qui a fait basculer Toulouse et celle qui a arraché la victoire en extra-inning à Sénart. Seul acteur de ces deux succès, et il est toujours là, Joris Bert. Une génération entière de joueurs est passée. Mais la soif de vaincre était toujours présente, la capacité à être décisif quand il le faut vraiment était toujours là. Présente, simplement présente, naturellement présente. Un flambeau transmis de main en main pour faire brûler toujours l’étincelle de la victoire. 

Voilà cette nouvelle génération devant une montagne. Aucune équipe rouennaise avant elle n’a eu un tel défi à relever. Gagner les trois derniers matches d’une finale à l’extérieur. Huskies de 2026, vous avez entendues, ou lues, les épopées de vos prédécesseurs. Ces exploits de géants, qui ont fait ployer tant d’adversaires, qui ont brisé tant d’ambitions, en France comme en Europe. Ces victoires venues du plus profond des cœurs. Vous avez l’occasion d’écrire de nouvelles pages sublimes. De regarder les géants d’hier dans les yeux en leur disant : « voyez, ce que nous venons d’accomplir, vous ne l’avez jamais fait ».

Vous pouvez, à votre tour, rentrer dans l’histoire. Soyez dignes de cet honneur.



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